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Livres et pensées
Couverture de Le dernier des siens

Le dernier des siens

de Sibylle Grimbert

4/5selon la rédaction

4,4/5 sur Amazon, 95 évaluations, relevé en septembre 2026

Un roman sobre et documenté sur l’extinction, qui associe réflexion écologique et relation intime sans les confondre.

En bref

Au XIXe siècle, un homme rencontre un grand pingouin, oiseau marin devenu rarissime et bientôt condamné à disparaître. Une relation singulière se noue entre eux, tandis que le roman interroge la place de l’être humain face au vivant et à la fin d’une espèce.

À propos du livre

Le livre s’appuie sur un épisode réel de l’histoire naturelle, la disparition du grand pingouin, pour déplacer la question écologique du registre abstrait vers celui de l’attachement. L’animal n’est pas seulement le symbole d’une espèce menacée : sa présence oblige le personnage humain à revoir ses habitudes, ses connaissances et sa manière de considérer le vivant. La réflexion porte ainsi sur la responsabilité, la possession et le désir de conserver ce qui est déjà en train de disparaître.

La construction repose sur une relation progressive, observée avec retenue plutôt que dramatisée à chaque page. Sibylle Grimbert privilégie une écriture précise, descriptive et attentive aux gestes, aux paysages et aux comportements. Cette sobriété évite le sentimentalisme, même si certaines scènes peuvent sembler volontairement lentes. Le roman tire sa force de cette patience : il laisse les liens se former par petites touches et fait sentir la fragilité de ce qui ne peut être sauvé par la seule bonne volonté.

Dans la littérature française contemporaine, le livre s’inscrit dans une veine de romans qui utilisent le récit animalier pour examiner les rapports de domination entre les espèces. Il ne transforme pas son sujet en manifeste écologique et conserve une vraie dimension romanesque, fondée sur l’observation et l’incertitude. Sa réputation tient notamment à cette alliance entre documentation naturaliste, méditation sur l’extinction et émotion contenue, sans effet spectaculaire ni leçon appuyée.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs intéressés par les romans écologiques qui abordent la disparition des espèces à travers une histoire concrète et incarnée.
  • Les amateurs de récits contemplatifs, de paysages nordiques et d’une prose attentive aux comportements animaux.
  • Les lecteurs qui apprécient les romans historiques fondés sur un fait réel, mais sans reconstitution foisonnante ni intrigue d’aventures.

À éviter si

  • Les lecteurs qui recherchent un rythme soutenu, une intrigue riche en rebondissements ou une forte tension dramatique risquent de trouver le récit trop retenu.
  • Ceux qui attendent une démonstration écologique explicite peuvent être déçus par une réflexion surtout portée par la relation et les scènes d’observation.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Le grand pingouin est traité comme un être vivant observé dans sa singularité, et non comme un simple prétexte symbolique.
  • La prose associe précision documentaire et retenue émotionnelle, ce qui limite le risque de pathos sur un sujet pourtant très chargé.
  • Le roman rend sensible la disparition d’une espèce en la reliant à des gestes, des habitudes et une relation individuelle.

Ce qui coince

  • La lenteur de la construction et la place accordée à l’observation peuvent affaiblir la tension narrative.
  • La portée symbolique du récit est parfois lisible de manière très directe, ce qui laisse moins de place à l’ambiguïté.

Fiche technique

Auteur
Sibylle Grimbert
Éditeur
J'ai lu
Parution
2022
Format
Poche
Prix éditeur
7,50 €
ISBN
9782290381373

Par la rédaction de Livres et pensées.