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Livres et pensées
Couverture de Le déni du viol

Le déni du viol

de Denis Salas

4/5selon la rédaction

5/5 sur Amazon, 5 évaluations, relevé en septembre 2026

Un essai rigoureux sur la difficulté de faire entendre la parole des victimes dans le langage judiciaire.

En bref

Denis Salas interroge la manière dont la justice accueille, transforme ou parfois neutralise la parole des victimes de viol. Il défend une approche de « justice narrative », attentive aux récits, à l’expérience vécue et aux effets du déni, sans renoncer aux exigences du droit.

À propos du livre

Le livre analyse le viol non seulement comme une infraction à établir, mais comme une expérience dont la dimension humaine résiste aux catégories judiciaires. Le « déni » désigne alors plusieurs mécanismes : minimisation des faits, soupçon porté sur la victime, difficulté à reconnaître l’emprise et tendance à réduire un récit complexe à une série d’éléments probatoires. L’enjeu est de comprendre ce que la procédure laisse de côté lorsqu’elle cherche à traduire la souffrance en langage juridique.

La notion de justice narrative constitue le centre de l’essai. Elle ne consiste pas à substituer l’émotion à la preuve, ni à abandonner les garanties du procès, mais à prendre au sérieux la forme et la portée des récits. Denis Salas s’intéresse ainsi à la façon dont une parole devient audible, à la place accordée à la victime et aux conditions nécessaires pour qu’une décision judiciaire ne produise pas une nouvelle forme d’effacement.

L’écriture relève de l’essai juridique et de la réflexion sur la justice, avec un souci de rendre accessibles des questions souvent traitées dans un vocabulaire technique. Le propos avance par distinction et mise en perspective plutôt que par récit romanesque. Cette construction peut demander une lecture attentive, mais elle permet de relier les pratiques judiciaires à des enjeux plus larges de reconnaissance, de mémoire et de responsabilité collective.

Dans l’œuvre de Denis Salas, ce livre prolonge une réflexion sur la justice, ses institutions et leurs effets sur les personnes qu’elles prennent en charge. Il s’inscrit dans les débats contemporains sur l’écoute des victimes et sur les limites d’une justice uniquement centrée sur la qualification des faits. Sa portée tient surtout à cette articulation entre droit et récit, qui invite à repenser la place de la parole sans idéaliser le fonctionnement judiciaire.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui souhaitent comprendre les tensions entre parole des victimes, preuve et procédure judiciaire y trouveront une réflexion structurée.
  • Les étudiants et professionnels du droit, de la criminologie ou des sciences sociales pourront y puiser des outils pour penser la justice autrement que par ses seules catégories techniques.
  • Les lecteurs intéressés par les violences sexuelles et leur reconnaissance sociale apprécieront l’analyse des mécanismes de déni.

À éviter si

  • Les lecteurs qui recherchent un récit documentaire détaillé de victimes précises risquent d’être déçus par la dominante théorique et juridique de l’ouvrage.
  • Ceux qui attendent un guide pratique sur les démarches judiciaires n’y trouveront pas de réponses procédurales directement applicables.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • L’essai distingue clairement la nécessité de la preuve et la nécessité d’entendre pleinement le récit de la victime.
  • La notion de « justice narrative » offre un cadre précis pour analyser les limites du langage judiciaire.
  • Le livre relie les enjeux du viol à des questions plus générales de reconnaissance, de mémoire et de responsabilité.

Ce qui coince

  • La réflexion reste abstraite par moments, ce qui peut éloigner les lecteurs peu familiers des débats juridiques.
  • L’ouvrage privilégie l’analyse des institutions et des récits plutôt qu’une description détaillée des pratiques judiciaires concrètes.

Fiche technique

Auteur
Denis Salas
Éditeur
L’Harmattan
Parution
2018
Format
Broché
Prix éditeur
20,00 €
ISBN
9782347002541

Par la rédaction de Livres et pensées.