
Le Cri
de Nicolas Beuglet
4/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 4 200 évaluations, relevé en septembre 2026
Un thriller efficace, documenté et très rythmé, qui privilégie l’adrénaline et les révélations à la subtilité psychologique.
En bref
À Oslo, dans un hôpital psychiatrique, un patient est retrouvé mort dans une cellule pourtant fermée de l’intérieur. L’inspectrice Sarah Geringën, chargée de l’enquête, découvre que ce décès apparemment inexplicable ouvre sur une affaire bien plus vaste. De la Norvège à d’autres territoires, l’enquête mêle médecine, histoire et secrets institutionnels. Le roman avance dans un registre de thriller scientifique et conspirationniste, avec une héroïne déterminée confrontée à des forces qui la dépassent.
À propos du livre
Le roman s’appuie sur une question à la fois médicale et morale : que savons-nous réellement de la violence, de la souffrance et des mécanismes qui peuvent conduire un être humain à tuer ou à se détruire ? Nicolas Beuglet transforme cette interrogation en moteur narratif. Les explications scientifiques et historiques donnent de l’épaisseur à l’intrigue, même si elles servent avant tout à nourrir le suspense plutôt qu’à construire une réflexion théorique exhaustive.
La construction privilégie les chapitres courts, les changements de lieu et les informations distillées par étapes. Cette mécanique produit une lecture très fluide, avec de nombreux rebondissements et des fins de chapitres conçues pour relancer immédiatement l’attention. En contrepartie, certains enchaînements paraissent très calculés et les personnages secondaires restent davantage fonctionnels que véritablement développés. Sarah Geringën possède une présence solide, sans que l’introspection prenne le pas sur l’action.
Le style est direct, visuel et volontiers spectaculaire. L’auteur emprunte au thriller contemporain ses codes les plus efficaces : enquête menée à haut risque, révélations successives, institutions opaques et menace qui s’élargit progressivement. Cette écriture rend le livre accessible aux lecteurs qui recherchent une intrigue soutenue, mais elle laisse moins de place à l’ambiguïté psychologique ou à une langue particulièrement travaillée.
Premier roman mettant en scène Sarah Geringën, Le Cri a contribué à faire connaître Nicolas Beuglet dans le paysage du thriller français par son mélange de faits documentés, de tension policière et de portée internationale. Sa réputation repose surtout sur son rythme et son goût des sujets sensibles. Les lecteurs attachés à la vraisemblance absolue ou à une enquête réaliste pourront toutefois trouver certaines propositions et coïncidences trop appuyées.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de thrillers qui privilégient les chapitres courts, les révélations fréquentes et une progression sans temps mort.
- Les amateurs d’intrigues mêlant enquête policière, sciences, histoire et secrets institutionnels.
- Les lecteurs qui souhaitent découvrir une héroïne récurrente dans un premier volume indépendant, tendu et accessible.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent avant tout une psychologie approfondie des personnages et des relations nuancées.
- Les amateurs de polars réalistes, peu sensibles aux ressorts conspirationnistes et aux coïncidences narratives.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le rythme soutenu repose sur des chapitres courts et des relances régulières de l’enquête.
- Les éléments scientifiques et historiques élargissent l’intrigue au-delà du simple fait divers.
- Sarah Geringën offre une protagoniste déterminée, identifiable dès ce premier volume.
Ce qui coince
- Les personnages secondaires sont souvent réduits à leur fonction dans le mécanisme de l’intrigue.
- Certaines révélations et coïncidences peuvent sembler trop orchestrées pour les lecteurs exigeant une vraisemblance constante.
Fiche technique
- Auteur
- Nicolas Beuglet
- Éditeur
- Parution
- 2016
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 9,60 €
- ISBN
- 9782266279864
Par la rédaction de Livres et pensées.