
Le Bon Gros Géant
de Roald Dahl
4,5/5selon la rédaction
4,7/5 sur Amazon, 918 évaluations, relevé en septembre 2026
Un conte drôle et inquiétant, porté par une langue inventive, pour les enfants sensibles aux monstres et aux jeux de mots.
En bref
Sophie, une orpheline, aperçoit un géant qui l’emporte dans son pays. Elle découvre que ce Bon Gros Géant est différent des autres, qui dévorent les enfants, et qu’il fabrique et distribue des rêves. Avec lui, Sophie cherche un moyen de mettre fin à la menace qui pèse sur les enfants du monde.
À propos du livre
Le livre repose sur un contraste simple et efficace : l’univers des géants est associé à la peur, à la violence et à la dévoration, tandis que le personnage central se distingue par sa douceur et son refus de faire le mal. Cette opposition permet à Roald Dahl de traiter la peur enfantine sans la nier. Le danger reste concret, mais l’intelligence, l’amitié et la parole deviennent des moyens d’action. Le conte avance ainsi entre inquiétude et réassurance, sans transformer ses monstres en figures entièrement inoffensives.
La langue constitue le principal ressort comique du récit. Le Bon Gros Géant déforme les mots, mélange les expressions et invente un parler reconnaissable, que Sophie doit progressivement comprendre. Ces jeux verbaux donnent au texte une énergie particulière et font de la lecture un terrain de jeu autant qu’un support d’intrigue. Ils peuvent toutefois demander un peu d’attention, notamment selon l’âge de l’enfant et la qualité de la traduction ou de la lecture à voix haute.
Dans l’œuvre de Roald Dahl, ce roman appartient aux récits où un enfant confronté à des adultes menaçants trouve une issue grâce à son imagination et à son sens pratique. L’auteur ne moralise pas longuement : il préfère l’exagération, la fantaisie macabre et les situations absurdes. Les illustrations de Quentin Blake participent à cette tonalité en donnant aux personnages une allure à la fois grotesque et expressive. Le résultat explique la place durable du livre dans la littérature jeunesse, même si son humour peut sembler parfois appuyé.
Le récit est construit comme une aventure accessible, avec une progression nette et des scènes conçues pour alterner suspense, découverte et rire. Sa portée tient moins à une psychologie approfondie qu’à la force de ses figures, à la relation qui se noue entre Sophie et le géant, et à l’inventivité du langage. Le livre peut être lu comme un conte d’émancipation : l’enfant n’attend pas simplement d’être sauvé, elle participe à la recherche d’une solution et apprend à agir dans un monde qui la dépasse.
Pour qui
À lire si
- Les enfants qui aiment les contes de monstres, à condition d’apprécier une peur rapidement tempérée par l’humour.
- Les lecteurs attirés par les jeux de mots, les langages inventés et les histoires à lire à voix haute.
- Les adultes qui cherchent un classique jeunesse permettant d’aborder la peur, la différence et le courage sans discours didactique.
À éviter si
- Les lecteurs qui préfèrent une intrigue réaliste ou un humour discret peuvent trouver les géants et les déformations de langage trop caricaturaux.
- Les enfants très sensibles aux récits de dévoration et aux menaces nocturnes risquent d’être impressionnés par certaines situations.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- L’invention verbale donne au récit une voix immédiatement identifiable et nourrit directement le comique.
- Le contraste entre la menace des géants et la douceur du Bon Gros Géant crée une tension lisible pour les jeunes lecteurs.
- Sophie agit sur le cours de l’aventure, ce qui évite d’en faire une héroïne simplement dépendante des adultes.
Ce qui coince
- L’humour fondé sur l’exagération et les fonctions corporelles peut paraître répétitif ou lourd à certains lecteurs.
- La caractérisation des géants privilégie la caricature, au détriment de personnages plus nuancés.
Fiche technique
- Auteur
- Roald Dahl
- Éditeur
- Gallimard Jeunesse
- Parution
- 1982
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 9,90 €
- ISBN
- 9782070603480
Par la rédaction de Livres et pensées.