
Largo Winch, tomes 15 et 16
de Jean Van Hamme et Philippe Francq
3,5/5selon la rédaction
4,7/5 sur Amazon, 14 évaluations, relevé en septembre 2026
Un diptyque solide, qui associe enquête financière, action internationale et critique des rapports de pouvoir, sans renouveler profondément la formule.
En bref
Largo Winch se retrouve entraîné dans une affaire liée à la Chine, où les intérêts économiques du groupe W croisent des enjeux plus secrets et plus dangereux. Les deux albums forment une intrigue continue, faite de manipulations, de poursuites et de révélations progressives.
À propos du livre
Ce diptyque repose sur l’un des ressorts constants de la série : placer un héritier milliardaire au contact de systèmes de pouvoir qui échappent aux seules règles de la finance. L’intrigue confronte ici Largo à un environnement chinois où les affaires, les rivalités personnelles et les intérêts politiques se mêlent étroitement. Cette toile de fond donne à l’aventure une dimension internationale, tout en maintenant une lecture très concrète des rapports de force.
La construction en deux albums permet à Jean Van Hamme d’installer les enjeux dans le premier volume, puis d’accélérer le rythme dans le second. L’exposition reste lisible malgré la multiplicité des protagonistes et des intérêts en présence. Le récit privilégie les dialogues fonctionnels, les retournements et les scènes d’action, selon une mécanique de thriller efficace, davantage tournée vers la progression de l’intrigue que vers l’introspection.
Le dessin de Philippe Francq conserve les caractéristiques qui ont établi l’identité visuelle de Largo Winch : réalisme précis, décors documentés, personnages immédiatement identifiables et découpage fluide. Les environnements urbains, les lieux de pouvoir et les scènes de déplacement donnent une ampleur cinématographique à l’ensemble. Cette maîtrise graphique rend accessibles des enjeux économiques parfois complexes, sans les transformer en véritable analyse politique.
Ces deux albums s’inscrivent dans la période de maturité d’une série qui a fixé les codes de la bande dessinée d’aventure financière. Leur intérêt tient moins à une transformation de la formule qu’à son exécution régulière : un héros mobile, des adversaires puissants, des affaires opaques et une tension entretenue jusqu’au dénouement. Les lecteurs familiers de Largo Winch y retrouveront une continuation cohérente, tandis que les nouveaux venus pourront être gênés par les relations et les éléments hérités des albums précédents.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de bandes dessinées d’aventure qui apprécient les intrigues internationales structurées autour de l’argent et du pouvoir.
- Les amateurs de récits réalistes, au dessin détaillé, où les scènes d’action prolongent directement les enjeux économiques.
- Les lecteurs déjà familiers de Largo Winch, qui souhaitent poursuivre une intrigue en deux volumes.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une bande dessinée très introspective ou une critique approfondie du capitalisme risquent de trouver le traitement trop fonctionnel.
- Les nouveaux lecteurs peuvent manquer de repères face aux personnages et aux conflits installés dans les albums précédents.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le diptyque organise clairement une intrigue dense, en répartissant efficacement exposition, complications et résolution.
- Le dessin réaliste de Philippe Francq donne une forte lisibilité aux décors, aux déplacements et aux scènes d’action.
- Le récit relie les mécanismes financiers à des rivalités humaines et géopolitiques sans abandonner le rythme du thriller.
Ce qui coince
- La formule narrative reste très codifiée et laisse peu de place à la surprise formelle ou à une évolution marquée du héros.
- Certains enjeux économiques sont simplifiés pour préserver la vitesse du récit, ce qui limite leur portée critique.
Fiche technique
- Auteur
- Jean Van Hamme et Philippe Francq
- Format
- Broché
Par la rédaction de Livres et pensées.