
Largo Winch, tome 21, L'Étoile du matin
de Éric Giacometti et Philippe Francq
3,5/5selon la rédaction
4,7/5 sur Amazon, 509 évaluations, relevé en septembre 2026
Un épisode solide de la série, porté par son efficacité graphique, mais moins novateur sur le fond.
En bref
Largo Winch se retrouve une nouvelle fois confronté aux mécanismes opaques de la finance internationale et aux intérêts de puissants adversaires. L'enquête mêle opérations boursières, rivalités économiques et scènes d'action, dans le registre du thriller financier propre à la série.
À propos du livre
Avec L'Étoile du matin, la série poursuit son exploration des rapports entre pouvoir économique, spéculation et violence. L'intrigue s'appuie sur un univers financier rendu lisible par des enjeux concrets, sans transformer l'album en exposé technique. Largo reste placé au centre d'un conflit où ses responsabilités de dirigeant se heurtent à des stratégies qui le dépassent, ce qui donne au récit une tension davantage fondée sur la menace et la manipulation que sur la seule confrontation physique.
Le scénario d'Éric Giacometti adopte une construction très fonctionnelle : informations distillées par étapes, déplacements internationaux, scènes d'exposition rapidement relayées par l'action. Cette efficacité facilite la lecture, mais laisse peu de place à l'ambiguïté psychologique ou à une véritable évolution des personnages. Le dessin de Philippe Francq conserve une ligne claire, précise et réaliste, particulièrement adaptée aux décors urbains, aux véhicules et aux environnements de la haute finance.
Cet album appartient à la période de transition de Largo Winch, après le départ de Jean Van Hamme au scénario. Il respecte les codes installés par les volumes précédents : un héros milliardaire mais exposé, une intrigue économique à dimension internationale et un rythme proche du cinéma d'action. Les lecteurs attachés à cette formule y retrouveront une continuité cohérente, tandis que les autres pourront la juger trop balisée.
La réputation de la série repose notamment sur sa capacité à transformer des mécanismes financiers en ressorts dramatiques accessibles. L'Étoile du matin remplit correctement cette fonction, grâce à une narration directe et à une mise en scène lisible. Il s'agit toutefois davantage d'un album de consolidation que d'un renouvellement majeur, avec une caractérisation et une structure qui restent tributaires des habitudes de la franchise.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de bandes dessinées franco-belges qui apprécient les thrillers financiers documentés mais lisibles.
- Les amateurs de Largo Winch souhaitant poursuivre la série dans la continuité des albums précédents.
- Les lecteurs attirés par les récits d'action internationaux dessinés dans un style réaliste et classique.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une forte rupture de ton ou un renouvellement important de la formule de la série.
- Les lecteurs peu intéressés par les intrigues financières et les mécanismes de pouvoir économique.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le dessin réaliste de Philippe Francq rend immédiatement lisibles les lieux, les déplacements et les scènes d'action.
- Le scénario vulgarise des enjeux financiers complexes sans ralentir excessivement le rythme de l'aventure.
- La construction alterne efficacement exposition, suspense et action.
Ce qui coince
- La structure très codifiée de la série réduit la surprise et l'épaisseur psychologique des personnages.
- La transition scénaristique se traduit par un album solide mais peu distinctif dans l'ensemble de la saga.
Fiche technique
- Auteur
- Éric Giacometti et Philippe Francq
- Éditeur
- Dupuis
- Parution
- 2017
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 16,50 €
- ISBN
- 9782800168616
Par la rédaction de Livres et pensées.