
La saga des sorcières, tome 2 : L'heure des sorcières
de Anne Rice
4/5selon la rédaction
4,6/5 sur Amazon, 163 évaluations, relevé en septembre 2026
Une fresque gothique ambitieuse, riche en atmosphère et en mythologie, mais ralentie par de longues digressions historiques.
En bref
À La Nouvelle-Orléans, Rowan Mayfair et Michael Curry se trouvent liés à une ancienne famille de sorcières, dont l’histoire s’étend sur plusieurs générations. Autour d’eux, la présence de Lasher et les secrets familiaux font ressurgir un passé chargé de violence, de désir et de pouvoir. Anne Rice mêle saga familiale, fantastique gothique et récit historique, dans une construction qui alterne les époques et les points de vue.
À propos du livre
Le roman s’intéresse moins à la sorcellerie comme spectacle qu’à ses effets sur une lignée familiale. La transmission, l’héritage, la culpabilité et la domination structurent cette histoire où le surnaturel s’inscrit dans les rapports de parenté. Les Mayfair ne forment pas seulement une famille de personnages : ils deviennent une généalogie tourmentée, marquée par une puissance dont chacun tente de comprendre les règles et le prix.
La construction repose sur une vaste remontée dans le temps, qui reconstitue progressivement l’histoire des Mayfair et les circonstances de la présence de Lasher. Cette ampleur donne au livre une dimension de chronique, parfois proche du roman historique. Elle demande toutefois de la patience : les récits enchâssés, les portraits généalogiques et les longues explications retardent régulièrement l’action principale.
Anne Rice privilégie une prose sensuelle et baroque, attentive aux lieux, aux corps, aux vêtements et aux atmosphères. La Nouvelle-Orléans y apparaît comme un espace de mémoire et de hantise, plus qu’un simple décor. Le gothique repose ainsi sur une tension entre le raffinement domestique, les secrets de famille et une menace qui demeure difficile à circonscrire.
Dans l’ensemble de l’œuvre d’Anne Rice, ce volume occupe une place importante par son ambition et par la richesse de son univers familial. Il élargit le fantastique gothique vers la fresque héréditaire et la réflexion sur le pouvoir transmis. Sa réputation tient à cette combinaison singulière de sensualité, d’érudition et d’inquiétude, même si son abondance narrative peut décourager les lecteurs qui attendent un rythme plus direct.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de fantastique gothique qui apprécient les familles maudites, les maisons chargées de mémoire et les présences surnaturelles ambiguës.
- Les amateurs de sagas historiques et généalogiques, prêts à suivre de nombreux personnages et plusieurs générations.
- Les lecteurs sensibles à une prose baroque, sensorielle et très descriptive, davantage tournée vers l’atmosphère que vers l’action rapide.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue resserrée et un rythme constant risquent de trouver les développements historiques trop longs.
- Les lecteurs peu attirés par les récits de familles nombreuses ou par les descriptions sensuelles d’Anne Rice pourraient rester à distance.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La généalogie des Mayfair donne au fantastique une profondeur historique et familiale rarement aussi développée.
- L’atmosphère de la Nouvelle-Orléans et des demeures familiales est construite par un travail précis sur les lieux et les sensations.
- La présence de Lasher entretient une ambiguïté efficace entre fascination, emprise et menace.
Ce qui coince
- Les longues digressions généalogiques et historiques ralentissent fortement la progression de l’intrigue.
- La prose très ornementée et les descriptions répétées peuvent donner une impression de surcharge, surtout dans les passages moins dramatiques.
Fiche technique
- Auteur
- Anne Rice
- Parution
- 1990
- Format
- Numérique
Par la rédaction de Livres et pensées.