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Livres et pensées
Couverture de La première chose qu'on regarde

La première chose qu'on regarde

de Grégoire Delacourt

3,5/5selon la rédaction

3,6/5 sur Amazon, 244 évaluations, relevé en septembre 2026

Un roman sentimental sur l’apparence et la solitude, porté par une idée forte mais parfois appuyé dans son émotion.

En bref

Arthur Dreyfuss, vingt ans, mène une existence modeste et solitaire dans une petite ville. Un soir, une jeune femme qui ressemble étonnamment à Scarlett Johansson vient frapper à sa porte, bouleversant ses repères et ses attentes. Le roman explore la rencontre, le désir et le poids des apparences dans un registre sentimental, teinté de mélancolie.

À propos du livre

Le livre part d’une situation romanesque immédiatement lisible : que devient une rencontre quand l’un des protagonistes semble sortir d’un écran ou d’un magazine ? Derrière cette prémisse, Grégoire Delacourt s’intéresse surtout aux vies ordinaires, à la difficulté de se sentir désirable et à la manière dont chacun projette ses rêves sur autrui. La célébrité sert de miroir aux frustrations des personnages, sans constituer le véritable sujet du roman.

La construction repose sur le contraste entre le quotidien prosaïque d’Arthur et l’irruption d’un événement qui paraît invraisemblable. Le récit avance dans une langue accessible, avec des chapitres courts et une attention marquée aux émotions immédiates. Cette simplicité favorise la fluidité de lecture, mais elle conduit aussi parfois l’auteur à souligner les sentiments plutôt qu’à laisser les situations les faire naître d’elles-mêmes.

Dans l’œuvre de Delacourt, ce roman prolonge l’intérêt pour les existences fragiles, les blessures intimes et les occasions de recommencer. Comme dans plusieurs de ses textes, les personnages sont confrontés à l’écart entre l’image qu’ils donnent et ce qu’ils éprouvent réellement. Le livre privilégie la fable sentimentale et l’efficacité narrative à une observation sociale approfondie ou à une grande complexité psychologique.

Sa réputation tient notamment à cette combinaison entre une accroche très visuelle, une lecture rapide et des thèmes largement partagés : le besoin d’être aimé, la solitude et la peur de ne pas être à la hauteur. Le résultat peut toucher les lecteurs sensibles aux romans qui cherchent une émotion directe. Il risque davantage de paraître trop programmatique à ceux qui attendent une ironie plus mordante ou des personnages moins guidés par leur fonction narrative.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui apprécient les romans sentimentaux fondés sur une rencontre improbable et une réflexion sur les apparences.
  • Les lecteurs qui recherchent une histoire accessible, mélancolique et centrée sur des personnages en quête de reconnaissance.
  • Les lecteurs intéressés par les récits où la célébrité sert de révélateur aux désirs et aux fragilités ordinaires.

À éviter si

  • Les lecteurs qui préfèrent une psychologie très fouillée et des personnages ambivalents, car le roman explicite parfois fortement leurs émotions.
  • Les lecteurs peu sensibles aux fables sentimentales et aux coïncidences narratives risquent de trouver l’ensemble trop appuyé.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Le point de départ met efficacement en tension célébrité fantasmée et vie quotidienne.
  • Le roman rend lisibles des thèmes comme la solitude, le désir d’être regardé et la fragilité de l’estime de soi.
  • La narration courte et fluide permet une lecture rapide sans perdre le fil de la rencontre centrale.

Ce qui coince

  • L’émotion est parfois soulignée par des formulations insistantes, ce qui réduit la part laissée à l’interprétation.
  • La psychologie de certains personnages reste assez schématique, surtout lorsque le récit privilégie l’efficacité de la fable.

Fiche technique

Auteur
Grégoire Delacourt
Éditeur
Le Livre de Poche
Parution
2013
Format
Poche
Prix éditeur
7,10 €
ISBN
9782253178149

Par la rédaction de Livres et pensées.