
La Malédiction des trente deniers, tome 1
de Jean Van Hamme
3,5/5selon la rédaction
4,6/5 sur Amazon, 126 évaluations, relevé en septembre 2026
Une aventure archéologique et ésotérique solide, portée par une mécanique classique, mais laissée en suspens avant sa conclusion.
En bref
Le professeur Mortimer se retrouve mêlé à une affaire liée aux trente deniers de Judas, après la découverte d’un manuscrit ancien. Avec Blake, il doit affronter des adversaires déterminés dans une aventure qui les conduit en Grèce, entre archéologie, histoire et menace contemporaine.
À propos du livre
Jean Van Hamme inscrit cette aventure dans l’un des ressorts traditionnels de la série : un mystère historique dont les conséquences dépassent largement le cadre des fouilles archéologiques. Les trente deniers de Judas fournissent un objet à la fois religieux, légendaire et convoité, qui permet au récit de mêler références antiques, enjeux de pouvoir et danger très concret. La dimension ésotérique reste au service de l’action, sans transformer l’album en traité historique.
L’album avance selon une construction très lisible, fondée sur les découvertes successives, les déplacements et les confrontations. L’enquête alterne les scènes d’explication avec des séquences plus physiques, dans le respect du découpage classique de Blake et Mortimer. Le scénario privilégie l’efficacité et les rebondissements plutôt que l’introspection. Cette clarté facilite la lecture, même si certains échanges explicatifs et certains enchaînements peuvent paraître appliqués à un lecteur peu sensible aux codes de la bande dessinée d’aventure franco-belge.
Jean Van Hamme reprend Blake et Mortimer après Edgar P. Jacobs en conservant la place centrale du duo, leur goût pour les énigmes et le mélange de science, d’histoire et de menace internationale. Le récit s’inscrit dans la continuité de la série sans chercher à en bouleverser la formule. Le dessin d’Antoine Aubin accompagne cette orientation avec un souci de détail adapté aux décors antiques et aux scènes d’action, tout en prolongeant l’identité visuelle générale de la collection.
Ce premier volume doit toutefois être considéré comme une moitié d’aventure. Il installe les enjeux, les protagonistes et les pistes historiques, puis interrompt la progression avant le dénouement. Ce choix renforce l’attente, mais limite aussi l’autonomie de l’album : l’intérêt du mystère ne peut être pleinement jugé sans la suite. La réputation de cet épisode repose donc surtout sur la solidité de son dispositif narratif et sur sa fidélité aux codes de la série, plus que sur une véritable réinvention.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de Blake et Mortimer qui apprécient les intrigues historiques, les énigmes archéologiques et la continuité avec l’univers créé par Jacobs.
- Les amateurs de bande dessinée franco-belge classique qui recherchent une aventure structurée, documentée et riche en péripéties.
- Les lecteurs prêts à commencer un récit en deux volumes, avec une conclusion reportée au tome suivant.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une intrigue complète dans un seul album risquent de rester frustrés par l’interruption avant le dénouement.
- Ceux qui préfèrent une bande dessinée plus intimiste ou plus inventive pourront trouver la narration démonstrative et très attachée aux conventions de la série.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le scénario articule clairement mystère religieux, archéologie et aventure contemporaine.
- La relation entre Blake et Mortimer demeure au centre de l’action et respecte les rôles établis des deux personnages.
- Le découpage alterne efficacement explications, déplacements et scènes de tension.
Ce qui coince
- L’album s’arrête avant la résolution, ce qui réduit son autonomie narrative.
- Les dialogues explicatifs et la structure très classique peuvent donner une impression de rigidité.
Fiche technique
- Auteur
- Jean Van Hamme
- Éditeur
- Éditions Blake et Mortimer
- Parution
- 2009
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 17,50 €
- ISBN
- 9782870971833
Par la rédaction de Livres et pensées.