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Livres et pensées
Couverture de La maladie de la mort

La maladie de la mort

de Marguerite Duras

4/5selon la rédaction

4,3/5 sur Amazon, 96 évaluations, relevé en septembre 2026

Un récit bref et radical sur l’impossibilité d’aimer, porté par une prose dépouillée qui exige une lecture attentive.

En bref

Un homme demande à une femme de passer plusieurs nuits avec lui, dans l’espoir qu’elle lui apprenne à aimer. Entre eux s’installe une relation fondée sur le contrat, le désir et une distance que rien ne semble pouvoir réduire. Marguerite Duras écrit cette rencontre dans un registre dépouillé, incantatoire et théâtral.

À propos du livre

Le sujet du livre n’est pas seulement celui d’une relation tarifée ou d’un désir empêché. Duras examine ce qui sépare l’expérience physique de l’attachement, et ce qu’un être peut chercher dans l’autre lorsqu’il se sait incapable de se donner. La « maladie de la mort » désigne une forme d’insensibilité intime, une incapacité à rejoindre le vivant et le féminin. Le récit avance ainsi par hypothèses et injonctions, comme une expérience menée sur deux personnages plus que comme une histoire au sens traditionnel.

La construction repose sur une adresse insistante, souvent formulée à la deuxième personne, qui place le lecteur dans une position inconfortable. Les gestes, les silences et les scènes répétées comptent davantage que les explications psychologiques. La prose, volontairement blanche, alterne phrases brèves, reprises et longues périodes méditatives. Cette sécheresse apparente ne rend pas le texte froid : elle laisse affleurer une tension érotique et métaphysique, tout en refusant les effets romanesques qui rendraient la relation plus rassurante.

Par sa brièveté et son dispositif presque scénique, le livre se situe à la frontière du récit, du théâtre et du poème en prose. Il prolonge une veine importante de l’œuvre de Marguerite Duras, où la parole tente de cerner le désir sans jamais le résoudre. La force du texte tient à cette concentration : chaque détail revient comme une variation autour d’une même impossibilité. Cette radicalité explique sa réputation, mais aussi les réserves qu’il peut susciter chez les lecteurs attachés à des personnages plus incarnés et à une intrigue développée.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui apprécient les récits courts, expérimentaux et centrés sur le désir plutôt que sur l’action y trouveront une forme très maîtrisée.
  • Les lecteurs intéressés par l’écriture de Marguerite Duras découvriront un texte représentatif de son usage de la répétition, de l’ellipse et de l’adresse directe.
  • Les amateurs de prose théâtrale et de littérature existentielle pourront suivre les variations du livre autour de l’amour, du corps et de l’impossibilité de la rencontre.

À éviter si

  • Les lecteurs qui attendent une intrigue développée, une psychologie explicite ou des personnages longuement caractérisés risquent de rester à distance.
  • Ce texte peut décevoir les lecteurs qui recherchent une représentation sentimentale ou réconfortante de la relation amoureuse, tant son regard demeure abstrait et sévère.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • La brièveté concentre chaque scène autour d’une même question sans disperser la tension du récit.
  • L’adresse à la deuxième personne et les répétitions donnent au texte une structure reconnaissable, entre récit et partition théâtrale.
  • La prose dépouillée laisse une large place aux silences et évite d’expliquer psychologiquement ce qu’elle met en jeu.

Ce qui coince

  • La forte abstraction des personnages peut empêcher l’identification et donner au texte une impression de froideur.
  • Le dispositif répétitif, efficace pour installer l’obsession, peut sembler monotone à ceux qui attendent une progression narrative plus marquée.

Fiche technique

Auteur
Marguerite Duras
Éditeur
Éditions de Minuit
Parution
1982
Format
Poche
Prix éditeur
8,00 €
ISBN
9782707306395

Par la rédaction de Livres et pensées.