
La Femme rompue, précédé de « L'Âge de discrétion » et de « Monologue »
de Simone de Beauvoir
4/5selon la rédaction
5/5 sur Amazon, 8 évaluations, relevé en septembre 2026
Trois récits lucides sur le vieillissement, la dépendance affective et les rôles sociaux, portés par une analyse psychologique sans complaisance.
En bref
Ce volume réunit trois récits centrés sur des femmes et des hommes confrontés à l’âge, à la solitude, aux désillusions conjugales ou aux tensions familiales. De la forme diariste au monologue intérieur, Simone de Beauvoir explore les crises intimes produites par les choix de vie et les attentes sociales.
À propos du livre
Les trois textes observent des existences ordinaires au moment où leurs équilibres se défont. La vieillesse, l’infidélité, la dépendance envers les proches et le sentiment d’avoir été assigné à un rôle deviennent des expériences morales autant que sociales. Beauvoir ne réduit pas ces personnages à des victimes : elle montre leurs contradictions, leurs aveuglements et leur part de responsabilité, tout en faisant apparaître les contraintes historiques qui pèsent plus lourdement sur les femmes.
La construction varie nettement d’un récit à l’autre. Le journal intime permet de suivre les rationalisations et les retours en arrière d’une conscience qui cherche à reprendre le contrôle de son histoire, tandis que le monologue fait entendre une parole plus heurtée, presque sans médiation. Cette diversité formelle donne au recueil sa tension : l’analyse philosophique demeure présente, mais elle passe par des voix particulières, avec leurs répétitions, leurs silences et leurs déformations.
Publié à la fin des années 1960, le livre appartient à la période où Simone de Beauvoir articule plus directement fiction, réflexion existentielle et critique de la condition féminine. Il prolonge des interrogations déjà centrales dans son œuvre : que reste-t-il de la liberté lorsque les relations, l’âge ou les conventions sociales limitent les choix ? Sa réputation tient à cette manière de rendre visibles les violences discrètes de la vie domestique, sans transformer les personnages en simples illustrations d’une thèse.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs intéressés par les récits psychologiques où les crises conjugales et familiales sont liées à des rapports de pouvoir sociaux.
- Les lecteurs de Simone de Beauvoir qui souhaitent découvrir sa fiction tardive et la diversité de ses dispositifs narratifs.
- Les lecteurs acceptant une prose analytique, parfois austère, davantage tournée vers l’examen des consciences que vers l’action.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent une intrigue très construite ou un rythme soutenu risquent de trouver les récits statiques et introspectifs.
- Les lecteurs peu sensibles aux discussions sur le couple, le vieillissement et la condition féminine peuvent juger le propos trop démonstratif.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Les trois formes narratives rendent perceptibles, avec une grande précision, les mécanismes de l’autojustification et du déni.
- L’analyse des rôles conjugaux et familiaux relie constamment les tourments individuels aux contraintes sociales.
- Les personnages conservent une ambivalence crédible, loin d’une opposition simple entre innocents et coupables.
Ce qui coince
- La densité réflexive ralentit parfois la progression et laisse peu de place à l’implicite.
- Certaines voix féminines sont volontairement enfermées dans leur ressassement, ce qui peut produire une lecture éprouvante.
Fiche technique
- Auteur
- Simone de Beauvoir
- Éditeur
- Gallimard
- Parution
- 1967
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 20,00 €
- ISBN
- 9782070268016
Par la rédaction de Livres et pensées.