
La Commode aux tiroirs de couleurs
de Olivia Ruiz
3,5/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 3 600 évaluations, relevé en septembre 2026
Un premier roman sensible et accessible sur l’exil, la mémoire familiale et la transmission, parfois plus démonstratif que romanesque.
En bref
À la mort de sa grand-mère, une jeune femme reçoit une étrange commode dont les tiroirs renferment des objets et des fragments d’histoire. Leur découverte l’entraîne sur les traces de ses ancêtres espagnols, de la guerre civile à l’exil en France, et l’oblige à regarder autrement les silences de sa famille.
À propos du livre
Le roman s’intéresse moins à l’événement historique dans sa précision documentaire qu’à la manière dont une histoire collective se dépose dans les vies privées. À travers le destin de plusieurs générations, Olivia Ruiz aborde la guerre d’Espagne, la fuite, l’accueil en France et la difficulté de transmettre une mémoire marquée par la douleur. La commode sert de dispositif narratif simple et lisible : chaque tiroir ouvre une porte vers le passé et rend concrète une transmission longtemps restée fragmentaire.
La construction procède par dévoilements successifs, en alternant le présent de la narratrice et les récits familiaux qu’elle recompose. Cette forme donne au livre un mouvement d’enquête intime, mais elle privilégie parfois l’efficacité émotionnelle à la complexité psychologique. L’écriture est claire, imagée et traversée par une attention particulière aux objets, aux sensations et aux liens de parenté. Le texte se lit rapidement, avec une tonalité de conte familial qui atténue parfois la dureté des épisodes évoqués.
Pour un premier roman, le projet est nettement affirmé : faire de la fiction un espace de réparation et de réappropriation familiale. La célébrité d’Olivia Ruiz comme chanteuse donne une résonance particulière à cette réflexion sur la voix, les héritages et ce qui se transmet sans paroles, sans que le livre repose sur la connaissance de sa carrière. Sa place tient ainsi autant au roman familial qu’au récit de filiation, dans une veine contemporaine qui rend l’histoire accessible par l’intime.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les romans de filiation où les secrets familiaux éclairent une histoire collective y trouveront une lecture structurée et accessible.
- Les lecteurs intéressés par la mémoire de l’exil espagnol en France pourront entrer dans cette histoire par des personnages et des objets plutôt que par un récit historique détaillé.
- Les amateurs de textes courts, lyriques et centrés sur la transmission familiale apprécieront son rythme et sa clarté.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une fresque historique très documentée ou une analyse politique approfondie risquent de trouver le traitement trop allusif.
- Les lecteurs qui préfèrent des personnages ambigus et une narration moins explicative pourront être gênés par son émotion parfois appuyée.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La commode donne une forme concrète et immédiatement lisible à la transmission de la mémoire familiale.
- Le roman relie avec fluidité l’intime, l’exil espagnol et la question des silences entre générations.
- L’écriture privilégie une langue claire, sensorielle et accessible, adaptée à un récit de filiation.
Ce qui coince
- La construction en fragments et en révélations peut produire une impression de simplicité, surtout lorsque les émotions sont explicitement formulées.
- Les personnages secondaires restent parfois davantage des figures de la mémoire familiale que des individualités pleinement développées.
Fiche technique
- Auteur
- Olivia Ruiz
- Éditeur
- Le Livre de Poche
- Parution
- 2020
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 7,70 €
- ISBN
- 9782253079651
Par la rédaction de Livres et pensées.