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Livres et pensées
Couverture de La Barre-y-va suivi de La Femme aux deux sourires

La Barre-y-va suivi de La Femme aux deux sourires

de Maurice Leblanc, présentation de Michel Bussi

3,5/5selon la rédaction

4,6/5 sur Amazon, 12 évaluations, relevé en septembre 2026

Deux enquêtes inégales, mais représentatives d’un Lupin plus romanesque, joueur et sentimental que strictement policier.

En bref

Dans La Barre-y-va, Arsène Lupin se trouve mêlé à une affaire criminelle marquée par les secrets d’une demeure normande et par une énigme ancienne. La Femme aux deux sourires confronte le gentleman cambrioleur à une jeune femme dont l’identité et les intentions demeurent incertaines. Ces deux récits tardifs associent enquête, mystère, travestissements et aventures sentimentales. Le registre privilégie le plaisir du feuilleton, les coups de théâtre et l’élégance de Lupin plutôt qu’une construction policière réaliste.

À propos du livre

La Barre-y-va installe son mystère dans un décor de province chargé d’histoire, où les rivalités familiales, les intérêts matériels et les légendes locales se mêlent à l’enquête. Le roman repose sur une atmosphère de secret et sur la circulation d’indices parfois très romanesques. Lupin n’y est pas seulement un enquêteur : il impose sa logique, son goût du déguisement et sa capacité à retourner les rapports de force. L’intérêt vient autant de l’énigme que de cette présence qui déplace sans cesse les règles du récit policier.

La Femme aux deux sourires développe davantage la dimension sentimentale et identitaire de l’univers de Lupin. Le motif de la double apparence permet à Leblanc de jouer sur les malentendus, les reconnaissances incertaines et les changements de point de vue. L’intrigue avance par révélations successives, dans une mécanique de feuilleton qui privilégie l’élan narratif à la vraisemblance psychologique. Le lecteur y retrouve un Lupin charmeur, protecteur et manipulateur, dont l’ironie accompagne les situations les plus tendues.

La construction de l’ensemble fait ressortir les constantes de la série : chapitres courts, fausses pistes, dialogues alertes et goût des identités masquées. Leblanc sait ménager des scènes d’exposition efficaces et relancer l’action par des informations nouvelles. En contrepartie, certaines coïncidences et certains retournements paraissent aujourd’hui appuyés, tandis que les personnages secondaires servent parfois surtout la mécanique de l’intrigue. Cette écriture directe conserve néanmoins une réelle lisibilité et une grande aptitude à installer rapidement une situation.

Ces deux textes appartiennent à la veine populaire et feuilletonesque de Maurice Leblanc, celle qui a durablement fixé l’image d’Arsène Lupin dans la culture française. Ils se lisent moins comme des policiers à résolution méthodique que comme des aventures fondées sur la métamorphose, la séduction et l’art de la diversion. La présentation de Michel Bussi les inscrit dans la redécouverte contemporaine d’un personnage dont les adaptations ont renouvelé la visibilité, sans modifier la nature très datée, mais encore efficace, des récits originaux.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui aiment les enquêtes à énigmes, les déguisements et les retournements rapides trouveront ici une forme classique du feuilleton policier français.
  • Les amateurs d’Arsène Lupin souhaitant découvrir des aventures moins célèbres que ses premiers exploits y retrouveront son mélange de panache, d’ironie et de sentimentalité.
  • Les lecteurs intéressés par les sources littéraires des adaptations contemporaines apprécieront le contraste entre le Lupin de Leblanc et ses réinterprétations modernes.

À éviter si

  • Les lecteurs qui recherchent une enquête réaliste, fondée sur une procédure policière rigoureuse, risquent de trouver les coïncidences et les déguisements trop artificiels.
  • Les lecteurs peu sensibles au rythme du feuilleton et aux intrigues sentimentales peuvent juger certains personnages et retournements datés.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Les deux récits exploitent avec efficacité les fausses identités, les indices dissimulés et les retournements.
  • Le personnage de Lupin conserve une forte présence grâce à son intelligence pratique, son humour et son aisance dans le travestissement.
  • Les décors de demeure ancienne et de province donnent aux intrigues une atmosphère de mystère immédiatement lisible.

Ce qui coince

  • La logique des enquêtes cède parfois à des coïncidences et à des révélations commodes, ce qui affaiblit leur crédibilité réaliste.
  • La psychologie et les rapports entre les personnages restent souvent subordonnés à la mécanique du feuilleton.

Fiche technique

Auteur
Maurice Leblanc, présentation de Michel Bussi
Format
Poche

Par la rédaction de Livres et pensées.