
L’Odyssée
de Charles Marie Leconte de Lisle
4/5selon la rédaction
5/5 sur Amazon, 9 évaluations, relevé en septembre 2026
Une traduction en vers ambitieuse et austère, à privilégier pour sa tenue poétique plutôt que pour une lecture immédiatement fluide.
En bref
Le poème raconte le long retour d’Ulysse vers Ithaque après la guerre de Troie, entre épreuves maritimes, rencontres merveilleuses et menaces divines. Charles Marie Leconte de Lisle en propose une traduction en vers, solennelle et fortement marquée par l’esthétique parnassienne.
À propos du livre
Cette version restitue l’architecture ample du poème homérique : le voyage, les escales, les récits enchâssés et l’attente du retour forment une épopée où l’aventure reste inséparable d’une réflexion sur la fidélité, l’hospitalité, la ruse et la condition humaine. Le merveilleux y côtoie les gestes concrets de la navigation, du banquet ou du combat. La traduction conserve ainsi la dimension légendaire de l’œuvre tout en laissant apparaître ses enjeux moraux et politiques.
Leconte de Lisle ne cherche pas une langue quotidienne. Son français privilégie les alexandrins, les inversions, les formules solennelles et une précision descriptive qui donnent au texte une allure sculptée. Cette hauteur de ton convient aux scènes héroïques et aux apparitions divines, mais elle peut ralentir la lecture et éloigner certains dialogues de la spontanéité attendue aujourd’hui. L’intérêt de cette édition tient donc autant au poème qu’à la rencontre avec une grande voix de la poésie française du XIXe siècle.
La traduction appartient au projet esthétique du Parnasse, qui valorise la forme travaillée, la distance et la restitution d’un monde ancien dégagé des facilités sentimentales. Elle a contribué à installer Homère dans une langue française littéraire particulièrement reconnaissable, aux côtés de la traduction de l’Iliade par le même auteur. Elle ne constitue pas nécessairement la porte d’entrée la plus simple vers l’épopée, mais elle intéressera les lecteurs attentifs au rapport entre traduction, poésie et réinvention d’une œuvre antique.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui souhaitent découvrir Homère dans une traduction française en vers, portée par une langue classique et fortement travaillée.
- Les amateurs de poésie du XIXe siècle et du Parnasse, intéressés par la façon dont un poète transforme une œuvre antique.
- Les étudiants et lecteurs confirmés qui veulent comparer différentes traductions de l’épopée homérique.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une première approche très fluide de l’intrigue ou une traduction en français contemporain risquent de trouver le style trop solennel.
- Les lecteurs peu sensibles à la poésie régulière peuvent être gênés par les inversions et la distance de la langue.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La traduction restitue avec cohérence l’ampleur épique, les interventions divines et la succession des épreuves.
- Le vers français donne aux scènes et aux descriptions une forte unité de ton.
- La langue de Leconte de Lisle propose un véritable travail poétique, identifiable au-delà de la simple transposition du récit.
Ce qui coince
- Le registre soutenu et les inversions syntaxiques rendent certains passages moins immédiatement accessibles.
- La fidélité à une esthétique poétique du XIXe siècle peut donner une impression de distance là où une traduction moderne rechercherait davantage de naturel.
Fiche technique
- Auteur
- Charles Marie Leconte de Lisle
- Éditeur
- Parution
- 1868
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 4,30 €
- ISBN
- 9782266293464
Par la rédaction de Livres et pensées.