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Livres et pensées
Couverture de L'anthropocène contre l'histoire : Le réchauffement climatique à l'ère du capital

L'anthropocène contre l'histoire : Le réchauffement climatique à l'ère du capital

de Andreas Malm

4,5/5selon la rédaction

4,3/5 sur Amazon, 24 évaluations, relevé en septembre 2026

Un essai documenté qui déplace la responsabilité climatique de l’humanité abstraite vers l’histoire du capitalisme industriel.

En bref

Andreas Malm conteste l’idée selon laquelle l’ensemble de l’humanité serait également responsable du dérèglement climatique. Il replace l’essor des énergies fossiles dans l’histoire du capitalisme, en étudiant les choix économiques et sociaux qui ont favorisé la vapeur puis le charbon. À la croisée de l’histoire, de l’écologie politique et de la théorie critique, l’ouvrage propose une lecture matérialiste de l’Anthropocène. Il invite à penser les rapports de pouvoir derrière la crise climatique, plutôt qu’à la réduire à une conséquence générale de l’activité humaine.

À propos du livre

L’argument central consiste à récuser une responsabilité indistinctement partagée par tous les humains. Pour Andreas Malm, le réchauffement climatique doit être rapporté à des rapports sociaux précis, à la propriété des moyens de production et aux décisions prises par les acteurs dominants de l’industrialisation. Cette approche ne nie pas l’ampleur planétaire de la crise, mais refuse de la détacher de son histoire. L’essai donne ainsi à l’écologie une dimension politique et économique plus nette, en interrogeant les bénéficiaires du système fossile.

Le livre s’appuie sur une enquête historique consacrée à la montée de la vapeur et du charbon dans l’industrie britannique. Malm examine les contraintes techniques, les intérêts patronaux et les conflits du travail qui ont orienté cette transition énergétique. La démonstration est nourrie par des références historiques et théoriques, avec une écriture argumentative, parfois polémique. Cette densité fait la force du raisonnement, mais demande une lecture attentive, surtout lorsque l’auteur discute les catégories de l’Anthropocène et leurs présupposés.

L’ouvrage occupe une place importante dans les débats contemporains sur l’écologie politique, parce qu’il relie explicitement crise climatique et critique du capitalisme. Il s’oppose aux récits qui présentent la modernité industrielle comme le résultat naturel d’une tendance universelle de l’espèce humaine. Sa contribution est moins de proposer un manuel d’action que de fournir une généalogie des responsabilités et des mécanismes sociaux. Cette perspective a nourri les discussions sur le capitalisme fossile et sur les limites d’une écologie centrée sur les comportements individuels.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui veulent comprendre pourquoi l’histoire des énergies fossiles ne peut pas être séparée des rapports de classe et de propriété.
  • Les personnes intéressées par l’écologie politique, l’histoire industrielle et les critiques de la notion d’Anthropocène.
  • Les lecteurs prêts à suivre une démonstration universitaire dense, fondée sur des sources historiques et une argumentation théorique.

À éviter si

  • Les lecteurs qui recherchent une introduction courte et consensuelle au changement climatique, car l’essai privilégie la controverse historique et la théorie critique.
  • Ceux qui attendent des solutions pratiques immédiatement applicables trouveront peu de recommandations opérationnelles.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • L’essai relie avec précision l’histoire de l’industrialisation aux structures économiques qui ont favorisé l’usage des énergies fossiles.
  • La critique de la responsabilité humaine indistincte est construite à partir d’une distinction claire entre humanité abstraite et rapports sociaux concrets.
  • La documentation historique donne un fondement matériel à une discussion souvent dominée par les généralités sur la modernité.

Ce qui coince

  • La démonstration, exigeante et parfois répétitive, peut ralentir la lecture lorsque les débats théoriques prennent le dessus sur l’enquête historique.
  • La perspective fortement centrée sur le capitalisme et les rapports de classe laisse moins de place à d’autres dimensions de la crise écologique, notamment culturelles ou géopolitiques.

Fiche technique

Auteur
Andreas Malm
Éditeur
La Fabrique
Parution
2016
Format
Broché
Prix éditeur
15,00 €
ISBN
9782358720953

Par la rédaction de Livres et pensées.