
Je me souviens...
de Boris Cyrulnik
4/5selon la rédaction
4,5/5 sur Amazon, 106 évaluations, relevé en septembre 2026
Un récit de mémoire et de résilience, fort par sa sincérité, mais parfois plus démonstratif que littéraire.
En bref
Boris Cyrulnik revient sur son enfance marquée par la Seconde Guerre mondiale, la persécution des Juifs et la séparation d’avec ses parents. Il relie ce récit personnel à une réflexion sur la mémoire, le traumatisme et les mécanismes qui permettent de se reconstruire.
À propos du livre
Le livre part d’une expérience intime pour interroger la manière dont un enfant confronté à la violence historique peut continuer à vivre et à se construire. Le récit ne cherche pas seulement à restituer des souvenirs : il examine ce que la mémoire conserve, transforme ou laisse dans l’ombre. Cette démarche donne au témoignage une portée plus large, sans effacer la singularité de l’histoire familiale et personnelle de Boris Cyrulnik.
La construction alterne évocation autobiographique et éclairages psychologiques. Cyrulnik explique les notions de traumatisme, de mémoire et de résilience dans un langage accessible, en reliant constamment les idées générales à des épisodes vécus. Cette alternance rend le propos pédagogique, mais elle peut aussi interrompre l’élan narratif. Le livre se lit donc moins comme une autobiographie littéraire continue que comme un récit de formation accompagné d’une interprétation clinique.
Dans l’œuvre de Boris Cyrulnik, ce texte occupe une place particulière : il donne un ancrage biographique aux réflexions sur la résilience qui ont fait sa réputation. Il permet de comprendre pourquoi cette notion est chez lui autre chose qu’un concept abstrait, tout en montrant les limites d’une lecture psychologique appliquée à une histoire marquée par la persécution et la guerre. Sa réception tient notamment à cette articulation entre témoignage, vulgarisation et réflexion sur la reconstruction.
L’intérêt du livre vient de la tension entre la fragilité du souvenir et le besoin de lui donner un sens transmissible. Cyrulnik écrit pour rendre une expérience partageable, mais aussi pour montrer que la mémoire individuelle reste liée aux récits collectifs et aux relations avec autrui. Les lecteurs attirés par les récits de vie et la psychologie y trouveront une matière riche ; ceux qui attendent une analyse historique détaillée ou une autobiographie très travaillée pourront rester sur leur faim.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs intéressés par les récits d’enfance pendant la Seconde Guerre mondiale et par la transmission de la mémoire.
- Les lecteurs qui souhaitent comprendre la résilience à partir d’une expérience personnelle plutôt que d’un manuel théorique.
- Les lecteurs sensibles aux ouvrages situés entre autobiographie, témoignage et vulgarisation psychologique.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent une étude historique documentée de la persécution des Juifs ou de la Shoah, car le livre privilégie l’expérience personnelle et la réflexion psychologique.
- Les lecteurs qui attendent une autobiographie strictement chronologique ou une écriture très romanesque, car le récit est régulièrement interrompu par des développements explicatifs.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le témoignage personnel donne une assise concrète aux notions de traumatisme et de résilience.
- L’alternance entre récit et explication rend les enjeux psychologiques accessibles sans les réduire à une simple méthode de développement personnel.
- Le livre met en relation mémoire individuelle, histoire collective et reconstruction de soi.
Ce qui coince
- Les passages théoriques peuvent ralentir le récit et donner une impression de répétition autour de la résilience.
- La perspective psychologique laisse relativement peu de place à l’analyse historique et aux voix autres que celle de l’auteur.
Fiche technique
- Auteur
- Boris Cyrulnik
- Éditeur
- Odile Jacob
- Parution
- 2009
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 7,50 €
- ISBN
- 9782738124715
Par la rédaction de Livres et pensées.