
Je crois, moi non plus : dialogue entre un évêque et un mécréant
de Jean-Michel di Falco Léandri, Claude Imbert, avec René Guitton
3/5selon la rédaction
3,6/5 sur Amazon, 24 évaluations, relevé en septembre 2026
Un dialogue accessible sur la foi et l’athéisme, utile pour clarifier les désaccords, mais parfois trop policé dans sa confrontation.
En bref
Jean-Michel di Falco, évêque catholique, échange avec Claude Imbert, qui revendique une position de mécréant, sous l’arbitrage de René Guitton. Leurs discussions portent sur la foi, le doute, la raison, la morale et la place du christianisme dans la société contemporaine.
À propos du livre
Le livre met en présence deux voix qui ne partagent pas le même rapport au religieux, mais qui acceptent de discuter sans réduire l’adversaire à une caricature. Les questions abordées dépassent l’opposition sommaire entre croyance et incroyance : elles concernent la possibilité de fonder une morale, le rôle des religions dans la vie collective et la persistance du besoin de sens. L’intérêt tient moins à une thèse nouvelle qu’à la formulation directe de désaccords philosophiques et spirituels souvent présents dans les débats publics.
La construction repose sur le dialogue, avec René Guitton dans une fonction d’arbitre et de relance. Ce dispositif favorise une lecture fluide et rend les enjeux accessibles à un lecteur peu familier de la théologie ou de la philosophie des religions. En contrepartie, les échanges restent généralement maîtrisés et respectueux, ce qui limite la violence intellectuelle de la confrontation. Le livre privilégie la clarté, les exemples et les positions nettement exposées plutôt qu’une argumentation universitaire systématique.
Dans le paysage des ouvrages français consacrés au dialogue entre croyants et non-croyants, cet essai appartient à une veine de vulgarisation réflexive, destinée à un large public. Il ne cherche pas à réfuter méthodiquement l’athéisme ni à démontrer la vérité du christianisme. Sa valeur réside plutôt dans la mise en regard de deux sensibilités et dans l’effort pour maintenir une conversation lorsque les présupposés de départ divergent. Les lecteurs les plus exigeants pourront toutefois trouver certaines réponses convenues et certaines oppositions insuffisamment approfondies.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui souhaitent comprendre les arguments courants d’un croyant et d’un non-croyant sur la foi, la morale et la société.
- Les personnes intéressées par un essai de réflexion religieuse accessible, organisé sous la forme d’un échange plutôt que d’un traité.
- Les lecteurs qui cherchent un débat nuancé, sans polémique agressive, sur la place du christianisme dans le monde contemporain.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une analyse philosophique très documentée ou une réfutation rigoureuse des positions adverses risquent de rester sur leur faim.
- Les amateurs de débats véritablement conflictuels peuvent trouver le ton trop courtois et les désaccords trop soigneusement encadrés.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le dialogue expose clairement deux positions distinctes sans transformer l’interlocuteur adverse en adversaire caricatural.
- Les thèmes abordés relient les questions religieuses aux problèmes concrets de morale et de vie collective.
- La médiation de René Guitton donne à l’échange une progression lisible et évite qu’il ne se réduise à deux monologues juxtaposés.
Ce qui coince
- La recherche d’un échange apaisé conduit parfois à des arguments prévisibles et à une confrontation moins approfondie qu’annoncé.
- Le format privilégie l’accessibilité au détriment d’un examen détaillé des références théologiques et philosophiques.
Fiche technique
- Auteur
- Jean-Michel di Falco Léandri, Claude Imbert, avec René Guitton
- Éditeur
- Calmann-Lévy
- Parution
- 2008
- Format
- Numérique
Par la rédaction de Livres et pensées.