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Livres et pensées
Couverture de Jayne Mansfield 1967

Jayne Mansfield 1967

de Simon Liberati

4/5selon la rédaction

3,5/5 sur Amazon, 99 évaluations, relevé en septembre 2026

Un récit romanesque et documenté, à la prose dense, qui transforme un fait divers en chronique d’une époque.

En bref

Simon Liberati revient sur les dernières heures de Jayne Mansfield, star hollywoodienne morte dans un accident de voiture en 1967. À partir de cet événement, il compose une chronique de l’Amérique de la fin des années 1960, entre célébrité, sexualité, violence médiatique et fascination pour le morbide.

À propos du livre

Le livre ne s’intéresse pas seulement à la disparition d’une actrice. Il observe ce que la célébrité fabrique autour d’un corps, d’une image et d’un scandale, puis montre comment un fait divers devient un récit collectif. Jayne Mansfield y apparaît comme une figure de transition, encore liée au glamour hollywoodien classique mais déjà prise dans une culture de l’exhibition, de la provocation et de la médiatisation permanente.

Simon Liberati adopte une forme située entre le roman, l’enquête documentaire et la chronique. La documentation donne au récit une matière concrète, tandis que la prose accumule les détails, les silhouettes et les signes d’une époque. Cette densité peut produire une impression d’étouffement, mais elle correspond au projet du livre : restituer un univers saturé d’images, de rumeurs et de fantasmes plutôt que construire une narration linéaire et dépouillée.

L’intérêt du texte tient aussi au déplacement de regard qu’il opère. Au lieu de traiter Jayne Mansfield comme une simple vedette disparue, Liberati explore les mécanismes d’une mythologie médiatique et les zones troubles qui l’entourent. Le livre s’inscrit ainsi dans une œuvre attirée par les vies marginales, les destins scandaleux et les personnages pris dans la légende. Son obtention du prix Femina en 2011 a consacré cette manière singulière de mêler littérature et matière biographique.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs intéressés par les récits littéraires fondés sur des faits réels et par l’histoire culturelle de l’Amérique des années 1960 y trouveront une matière riche.
  • Les amateurs de prose dense, de portraits de célébrités déchues et de livres qui brouillent les frontières entre roman et enquête pourront apprécier son approche.

À éviter si

  • Les lecteurs qui cherchent une biographie chronologique et synthétique de Jayne Mansfield risquent de trouver la construction trop foisonnante.
  • Ceux qui préfèrent une narration rapide et une psychologie explicite peuvent être gênés par la place accordée aux détails documentaires et aux atmosphères.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • La reconstitution d’un milieu hollywoodien et médiatique à travers une abondance de détails concrets.
  • La transformation d’un fait divers connu en réflexion sur la célébrité, l’image et la fabrication du mythe.
  • Une forme hybride qui associe documentation, chronique historique et liberté romanesque.

Ce qui coince

  • La prose très chargée et l’accumulation de personnages ou de références peuvent ralentir la lecture.
  • Le regard porté sur Jayne Mansfield passe souvent par le fantasme et la légende, ce qui laisse moins de place à une approche biographique équilibrée.

Fiche technique

Auteur
Simon Liberati
Parution
2011
Format
Numérique

Par la rédaction de Livres et pensées.