Aller au contenu
Livres et pensées
Couverture de Jacaranda

Jacaranda

de Gaël Faye

4/5selon la rédaction

4,6/5 sur Amazon, 4 100 évaluations, relevé en septembre 2026

Un roman de mémoire et de transmission, accessible et documenté, parfois plus démonstratif que subtil dans son écriture.

En bref

Milan, un adolescent français d’origine rwandaise, grandit loin de l’histoire familiale et du génocide des Tutsi. La rencontre avec Claude, un jeune réfugié rwandais, puis plusieurs retours au Rwanda l’obligent à interroger les silences, les héritages et les traces laissées par la violence.

À propos du livre

À travers le parcours de Milan, le roman explore la manière dont un événement historique continue d’agir sur ceux qui ne l’ont pas directement vécu. Le génocide des Tutsi au Rwanda apparaît à la fois comme une réalité collective et comme une histoire intime, transmise par fragments, par les absences et par les non-dits. Gaël Faye s’intéresse surtout aux effets différés de la mémoire : comment comprendre ce qui a été tu, comment se situer face à une histoire familiale douloureuse, comment construire une relation au pays que l’on découvre tardivement.

La construction alterne les temps de la vie de Milan et les étapes de ses retours au Rwanda. Cette progression accompagne son apprentissage, sans adopter une forme documentaire stricte. L’écriture reste claire, souvent sensorielle, attentive aux paysages, aux liens familiaux et aux gestes du quotidien. Le roman privilégie une narration fluide et pédagogique, qui rend les enjeux historiques accessibles, mais qui peut aussi donner à certains dialogues ou à certaines explications une tonalité appuyée.

Après Petit Pays, Gaël Faye poursuit son travail sur l’enfance, l’exil, la mémoire et le Rwanda. Jacaranda élargit toutefois la perspective : il ne s’attache pas seulement à l’expérience d’un enfant pris dans l’histoire, mais aux générations qui doivent vivre avec ses conséquences. Le livre a trouvé un large écho grâce à cette articulation entre récit familial et mémoire historique. Sa portée tient moins à une reconstitution exhaustive qu’à sa capacité à faire sentir la persistance du passé dans les relations présentes.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui cherchent un roman accessible sur la mémoire du génocide des Tutsi et ses effets sur les générations suivantes.
  • Les lecteurs sensibles aux récits de filiation, d’exil et de retour au pays d’origine, avec une forte dimension historique.
  • Les lecteurs qui ont apprécié Petit Pays et souhaitent retrouver les thèmes de Gaël Faye dans une construction plus ample.

À éviter si

  • Les lecteurs qui attendent une analyse historique très détaillée du Rwanda risquent de trouver le roman trop centré sur les trajectoires individuelles.
  • Les lecteurs peu sensibles aux récits de transmission explicites peuvent trouver certains passages démonstratifs.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Le roman rend lisibles les effets intergénérationnels d’un traumatisme historique sans réduire les personnages à leur histoire collective.
  • La construction par retours successifs accompagne clairement la découverte progressive du passé familial et du Rwanda.
  • Les descriptions des paysages et des gestes quotidiens donnent une présence concrète aux lieux et aux relations.

Ce qui coince

  • Les explications historiques et certains dialogues soulignent parfois directement le sens du récit, au détriment de l’ambiguïté littéraire.
  • La focalisation sur Milan laisse moins de place à la complexité de certains personnages secondaires, souvent envisagés à travers son parcours.

Fiche technique

Auteur
Gaël Faye
Éditeur
Le Livre de Poche
Parution
2024
Format
Poche
Prix éditeur
8,90 €
ISBN
9782253252030

Par la rédaction de Livres et pensées.