
Inégalités mondiales
de Branko Milanović
4/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 39 évaluations, relevé en septembre 2026
Un essai de référence pour comprendre la mondialisation par les revenus, à condition d’accepter une lecture très documentée et peu narrative.
En bref
Branko Milanović analyse la répartition des revenus à l’échelle mondiale, en étudiant les effets de la mondialisation sur les classes moyennes, les plus pauvres et les ultra-riches. Il interroge aussi le rôle de l’égalité des chances, des migrations et des politiques publiques dans la formation des inégalités.
À propos du livre
L’originalité du livre tient à son changement d’échelle. Au lieu de limiter l’analyse aux écarts entre citoyens d’un même pays, Milanović compare les individus dans l’ensemble du monde, comme s’ils appartenaient à une même société. Cette perspective fait apparaître des gagnants et des perdants de la mondialisation qui ne correspondent pas toujours aux catégories politiques habituelles. Les classes moyennes des pays émergents, les travailleurs des économies développées et les très hauts revenus occupent ainsi des positions différentes dans la nouvelle hiérarchie mondiale.
L’argumentation repose sur des données de revenus et sur des représentations graphiques destinées à rendre visibles des évolutions difficiles à saisir. L’auteur accorde une place importante à la distribution statistique des gains de la mondialisation, mais ne réduit pas son propos à un commentaire de courbes. Il relie les chiffres aux transformations du travail, aux migrations, à la fiscalité et aux choix politiques. Cette méthode rend l’essai éclairant, tout en exigeant une attention soutenue de la part du lecteur.
Le livre ne défend pas une conception simple de l’égalité. Milanović distingue l’égalité des résultats, l’égalité des chances et les mécanismes qui permettent à certains groupes de préserver leur position. Il examine notamment la manière dont la naissance, le lieu de résidence et l’accès aux ressources pèsent sur les trajectoires individuelles. L’intérêt de cette réflexion est de montrer que la mobilité sociale ne peut être évaluée indépendamment de l’organisation économique et politique qui la rend possible ou la limite.
Dans le débat sur la mondialisation, l’ouvrage s’est imposé par sa capacité à articuler économie internationale et expérience sociale des inégalités. Sa réputation tient moins à un style littéraire qu’à une thèse structurée, appuyée sur une vaste comparaison internationale. Certaines analyses sont liées aux données disponibles au moment de la rédaction et peuvent appeler une mise à jour, mais le cadre proposé reste utile pour examiner les rapports entre mondialisation, classes sociales et concentration des richesses.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui veulent comprendre les inégalités à l’échelle mondiale à partir de données comparables plutôt que d’exemples isolés.
- Les étudiants et citoyens intéressés par les liens entre mondialisation, migrations, fiscalité et mobilité sociale.
- Les lecteurs déjà familiarisés avec les débats économiques, qui cherchent un cadre analytique pour dépasser les oppositions simplistes entre gagnants et perdants.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent un récit incarné ou une introduction très accessible à l’économie risquent de trouver l’ouvrage abstrait et exigeant.
- Ceux qui attendent un programme politique détaillé trouveront surtout une analyse des mécanismes et des options possibles, plutôt qu’un manuel de réforme immédiatement applicable.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- L’analyse compare les revenus au niveau mondial, ce qui déplace utilement le regard au-delà des frontières nationales.
- Les données et les graphiques donnent une base concrète à des phénomènes souvent décrits de manière impressionniste.
- La distinction entre égalité des résultats et égalité des chances clarifie les enjeux normatifs du débat sur les inégalités.
Ce qui coince
- La forte place accordée aux données et aux catégories statistiques rend la lecture moins fluide pour les lecteurs peu familiers avec l’économie.
- Le cadre d’analyse dépend de données et d’une conjoncture qui peuvent être discutées ou actualisées, ce qui limite la portée de certaines conclusions ponctuelles.
Fiche technique
- Auteur
- Branko Milanović
- Éditeur
- La Découverte
- Parution
- 2016
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 13,00 €
- ISBN
- 9782348069949
Par la rédaction de Livres et pensées.