
Il était deux fois
de Franck Thilliez
4/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 6 000 évaluations, relevé en septembre 2026
Un thriller à l’architecture solide, qui exploite efficacement les failles de la mémoire, malgré quelques artifices scénaristiques.
En bref
En 2008, Julie, la fille du lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato, disparaît à Sagas, sans laisser de trace. Douze ans plus tard, Gabriel se réveille après une longue période d’inconscience, privé de souvenirs récents, et tente de comprendre ce qui est arrivé à sa fille. L’enquête s’engage alors dans un espace instable, où le temps, la mémoire et les indices se contredisent.
À propos du livre
Le roman s’appuie sur une situation de départ immédiatement lisible et efficace : un père confronté à la disparition de sa fille, puis brutalement séparé de douze années de sa propre vie. Cette distorsion temporelle permet à Franck Thilliez d’explorer la mémoire comme une matière incertaine, à la fois outil d’enquête et source d’angoisse. Le deuil, la culpabilité et l’obsession de comprendre structurent le récit, sans le réduire à une simple chasse aux indices.
La construction repose sur la progression méthodique des révélations et sur une information volontairement parcellaire. Comme souvent chez Thilliez, les chapitres courts et les changements de perspective entretiennent une tension régulière, tandis que les détails apparemment secondaires prennent progressivement une autre valeur. Le style reste direct, visuel et orienté vers l’action. Cette efficacité narrative favorise la lecture rapide, même si certains mécanismes destinés à surprendre peuvent donner une impression de calcul.
Dans l’œuvre de l’auteur, Il était deux fois prolonge l’intérêt pour les troubles de la perception, les énigmes documentées et les esprits confrontés à leurs propres limites. Le roman fonctionne comme un thriller autonome, sans exiger de connaître les autres livres de Thilliez. Sa réputation tient surtout à son dispositif de départ et à sa capacité à multiplier les questions sans perdre complètement le fil de l’enquête. Les lecteurs sensibles aux intrigues à tiroirs y trouveront une mécanique abondante, parfois plus forte que la psychologie.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de thrillers psychologiques qui apprécient les enquêtes fondées sur les trous de mémoire et les perceptions incertaines.
- Les amateurs de récits à énigmes, de chapitres courts et de révélations régulièrement espacées.
- Les lecteurs qui recherchent un polar français rythmé, davantage construit autour de la mécanique narrative que de l’observation sociale.
À éviter si
- Les lecteurs qui privilégient une psychologie très fouillée ou des personnages longuement développés risquent de trouver l’intrigue trop dominante.
- Les amateurs de polars réalistes peuvent être gênés par certains ressorts conçus avant tout pour produire la surprise.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le dispositif temporel transforme efficacement une enquête de disparition en problème de mémoire et d’identité.
- La progression des indices maintient une tension régulière sans nécessiter de longues scènes d’exposition.
- Le style sobre et les chapitres courts donnent au récit un rythme adapté au thriller.
Ce qui coince
- Certains rebondissements paraissent construits pour relancer artificiellement le suspense, ce qui fragilise parfois la crédibilité de l’ensemble.
- La psychologie des personnages reste moins développée que la mécanique de l’intrigue, notamment dans les moments où l’émotion devrait primer.
Fiche technique
- Auteur
- Franck Thilliez
- Éditeur
- Parution
- 2020
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 10,30 €
- ISBN
- 9782266316026
Par la rédaction de Livres et pensées.