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Livres et pensées
Couverture de Hiroshima mon amour

Hiroshima mon amour

de Marguerite Duras

4,5/5selon la rédaction

4,4/5 sur Amazon, 236 évaluations, relevé en septembre 2026

Un texte bref et exigeant, où la mémoire, le désir et l’Histoire se répondent dans une forme profondément cinématographique.

En bref

À Hiroshima, une actrice française rencontre un architecte japonais avec lequel elle entame une relation. Cette histoire présente ravive le souvenir d’un amour vécu à Nevers pendant la guerre, avec un homme allemand. Entre présent et passé, Marguerite Duras explore les liens entre passion intime, mémoire et traumatisme historique.

À propos du livre

Hiroshima mon amour met en regard deux expériences que tout semble séparer : une rencontre amoureuse dans le Japon d’après-guerre et le souvenir d’une relation marquée par l’Occupation. Le livre ne traite pas l’Histoire comme un simple décor, mais comme une force qui façonne les identités et rend certains souvenirs difficiles à dire. La mémoire individuelle devient ainsi le lieu où se rejoignent la honte, le désir, la perte et la nécessité de raconter.

Le texte reprend la structure d’un scénario, avec des dialogues, des indications de lieux et des fragments de narration. Cette forme donne aux échanges une grande précision tout en laissant une place importante aux silences, aux reprises et aux décalages entre les voix. Duras refuse l’explication psychologique continue : les personnages se définissent par ce qu’ils nomment, taisent ou répètent. La lecture demande donc une attention particulière au rythme et aux ellipses.

Par sa construction fragmentée, Hiroshima mon amour occupe une place singulière dans l’œuvre de Duras et dans la littérature française du XXe siècle. Le texte associe une langue dépouillée à une forte dimension visuelle, sans se réduire à un simple complément du film d’Alain Resnais. Sa réputation tient à cette manière de faire entendre une passion tout en montrant les limites du langage face aux blessures de l’Histoire. Il s’adresse davantage à une lecture attentive qu’à une intrigue menée de façon classique.

Pour qui

À lire si

  • Aux lecteurs qui apprécient les textes courts, les récits fragmentés et les œuvres où la forme compte autant que l’intrigue.
  • À ceux qui s’intéressent aux rapports entre cinéma, littérature, mémoire historique et expérience intime.
  • Aux lecteurs de Marguerite Duras qui souhaitent découvrir une œuvre centrale de sa réflexion sur le désir et la parole.

À éviter si

  • Aux lecteurs qui recherchent une narration linéaire, des personnages longuement caractérisés et une progression romanesque traditionnelle.
  • À ceux que les dialogues elliptiques, les répétitions et l’absence d’explications psychologiques risquent de frustrer.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • La forme scénaristique donne au texte un rythme visuel et fait des silences un véritable matériau littéraire.
  • Le récit articule avec rigueur une histoire d’amour et la mémoire de la guerre, sans réduire l’une à l’illustration de l’autre.
  • La langue, sobre et répétitive, rend sensibles les hésitations du souvenir et les difficultés de la parole.

Ce qui coince

  • La fragmentation et les reprises peuvent produire une impression de distance ou d’opacité, surtout lors d’une première lecture.
  • La brièveté du texte laisse certains personnages dans une caractérisation volontairement partielle, ce qui peut limiter l’attachement romanesque.

Fiche technique

Auteur
Marguerite Duras
Éditeur
Gallimard, collection Folio
Parution
1960
Format
Poche
Prix éditeur
8,10 €
ISBN
9782070360093

Par la rédaction de Livres et pensées.