
Hawkmoon, tome 3 : Le dieu fou
de Jérôme Le Gris et Benoît Dellac
3,5/5selon la rédaction
4,9/5 sur Amazon, 32 évaluations, relevé en septembre 2026
Un troisième tome solide pour une fantasy baroque, plus intéressante par son univers et son dessin que par son intrigue parfois convenue.
En bref
Hawkmoon poursuit sa lutte contre l’empire de Granbretanne dans un monde ravagé par les guerres et dominé par des forces politiques et surnaturelles. Ce troisième album prolonge l’adaptation de l’univers de Michael Moorcock, entre quête héroïque, science-fantasy et affrontements de puissances.
À propos du livre
Ce volume développe un univers où la fantasy médiévale se mêle à des éléments de science-fiction, avec des armures extravagantes, des cités menacées et des pouvoirs difficiles à distinguer de la magie. L’histoire repose sur l’opposition entre résistance et impérialisme, mais aussi sur les tensions entre devoir politique, fidélité personnelle et désir de vengeance. Cette ampleur donne à la série une identité visuelle et narrative nette, même si les enjeux restent parfois formulés de manière assez classique.
Le scénario de Jérôme Le Gris privilégie l’action et la progression de la quête. Les épisodes s’enchaînent avec efficacité, en alternant déplacements, confrontations et révélations sur les forces en présence. Cette construction rend la lecture fluide, mais elle laisse moins de place à l’approfondissement psychologique qu’à l’installation du monde et à la préparation des affrontements. Le récit suppose par ailleurs une bonne connaissance des deux premiers tomes pour mesurer pleinement les alliances et les antagonismes.
Le dessin de Benoît Dellac constitue l’un des principaux attraits de l’album. Les silhouettes, les costumes et les décors donnent une forme concrète à la démesure de l’univers de Moorcock, sans réduire l’action à une succession de scènes uniformes. Les compositions privilégient le mouvement et l’impact des confrontations. Cette efficacité graphique accompagne bien le registre de la série, même si la richesse des décors et des personnages peut parfois rendre certaines scènes chargées.
Comme adaptation de Hawkmoon, cet album s’inscrit dans une tradition de bande dessinée de fantasy qui cherche moins à reproduire la sobriété du roman qu’à en amplifier le caractère spectaculaire. Il fonctionne surtout comme un épisode de continuité, destiné aux lecteurs déjà engagés dans la série. Pris isolément, il offre un aperçu cohérent de son monde, mais une partie de ses enjeux et de sa portée dramatique dépend du parcours commencé dans les tomes précédents.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de fantasy en bande dessinée qui apprécient les univers baroques, les empires décadents et les conflits de grande ampleur.
- Les amateurs de Michael Moorcock qui souhaitent découvrir une adaptation graphique de l’univers de Hawkmoon.
- Les lecteurs qui privilégient le dessin, l’action et la construction d’un monde aux intrigues très intimistes.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une fantasy réaliste ou une caractérisation psychologique très développée risquent de trouver le récit trop archétypal.
- Les personnes qui ne connaissent pas les premiers tomes pourront être gênées par la continuité de l’intrigue et des relations entre les personnages.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- L’univers mêle de façon lisible fantasy médiévale, science-fiction et esthétique baroque.
- Le dessin donne une vraie singularité aux costumes, aux créatures et aux décors.
- La mise en scène maintient un rythme régulier dans les scènes d’action.
Ce qui coince
- Le scénario s’appuie sur des archétypes de la fantasy et approfondit peu certains personnages.
- La lecture isolée est peu recommandée, car l’album dépend fortement des événements et des relations établis auparavant.
Fiche technique
- Auteur
- Jérôme Le Gris et Benoît Dellac
- Éditeur
- Glénat
- Parution
- 2018
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 15,50 €
- ISBN
- 9782344027912
Par la rédaction de Livres et pensées.