
Gaston, tome 20 : Lagaffe rebondit
de André Franquin
4,5/5selon la rédaction
4,7/5 sur Amazon, 265 évaluations, relevé en septembre 2026
Un album de gags précis et inventifs, particulièrement adapté aux lecteurs sensibles au comique de situation et au dessin expressif.
En bref
Gaston poursuit ses maladresses au sein du journal où il travaille, transformant les tâches ordinaires, les inventions et les relations de bureau en une suite de catastrophes comiques. Ses affrontements avec la hiérarchie et ses trouvailles improbables structurent cet album de bande dessinée humoristique.
À propos du livre
L’album repose sur le principe central de la série : Gaston ne cherche pas nécessairement à nuire, mais son imagination, sa distraction et son refus des contraintes professionnelles dérèglent constamment le quotidien. Les gags exploitent les tensions entre la logique administrative du journal et l’énergie désordonnée du personnage. Derrière le comique, la série oppose ainsi la liberté individuelle, le goût du jeu et l’inventivité aux impératifs de productivité et de discipline.
La construction privilégie des histoires courtes, souvent autonomes, dont l’efficacité dépend de la préparation visuelle, du détail incongru et d’une chute nettement lisible. Franquin excelle à rendre les mouvements, les réactions et les accidents matériels. Le dessin ne se contente pas d’accompagner le texte : il prolonge les gags par les attitudes, les décors et les enchaînements de gestes, avec une grande attention portée au rythme de lecture.
Ce tome s’inscrit dans une série où les personnages secondaires et les situations récurrentes forment progressivement un univers comique cohérent. Gaston, les collègues du journal et les figures d’autorité y sont moins développés comme dans un récit continu que définis par leurs réactions répétées face au chaos. Cette formule permet une lecture indépendante, même si elle récompense aussi la familiarité avec les codes et les protagonistes de la série.
La réputation de Gaston tient à cette combinaison entre humour professionnel, comédie physique et critique douce des habitudes de bureau. L’album conserve une accessibilité immédiate, mais ses meilleurs gags reposent sur une observation assez fine des rapports hiérarchiques et des objets ordinaires. Sa limite vient du principe même de la série : la répétition des situations et des caractères peut réduire l’effet de surprise pour les lecteurs qui enchaînent plusieurs tomes.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les albums composés de gags courts, avec un dessin très expressif et une mécanique comique fondée sur l’observation des gestes.
- Les amateurs de bande dessinée franco-belge qui souhaitent retrouver l’univers du journal, ses contraintes professionnelles et ses personnages récurrents.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue suivie, une évolution psychologique marquée ou une narration construite sur la durée.
- Ceux qui supportent mal la répétition d’un même dispositif comique, même lorsque ses variations graphiques restent inventives.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le dessin traduit avec une grande précision les mouvements, les accidents et les réactions des personnages.
- Les gags articulent efficacement comique de situation, critique du travail de bureau et absurdité concrète.
- La lecture reste accessible grâce à des histoires courtes, autonomes et immédiatement compréhensibles.
Ce qui coince
- La structure répétitive peut amoindrir la surprise lorsque plusieurs albums sont lus à la suite.
- L’absence d’intrigue continue limite l’attachement à une progression narrative ou à une évolution des personnages.
Fiche technique
- Auteur
- André Franquin
- Éditeur
- Dupuis
- Parution
- 1988
- Format
- Relié
Par la rédaction de Livres et pensées.