
Fables de La Fontaine, Livre VII
de Jean de La Fontaine
3,5/5selon la rédaction
Un recueil bref et satirique, enrichi par les gravures de Grandville et des outils utiles, mais dépendant de la qualité éditoriale.
En bref
Dans ce septième livre, La Fontaine met en scène animaux, puissants, courtisans et hommes ordinaires pour observer les rapports de force, l’ambition, la vanité et l’injustice. Les fables associent récit rapide, dialogue théâtral et morale souvent nuancée, dans une langue versifiée dont les notes de vocabulaire facilitent l’accès.
À propos du livre
Le Livre VII appartient à la seconde série des Fables, publiée en 1678. La Fontaine y élargit son observation sociale : les animaux ne servent pas seulement à donner une leçon de conduite, ils composent une véritable société, traversée par la peur, la flatterie, la prudence et l’abus de pouvoir. La morale naît souvent du décalage entre les discours officiels et les intérêts réels. Cette ironie rend les textes accessibles, tout en laissant subsister une part d’ambiguïté qui résiste aux lectures trop scolaires.
La brièveté des récits impose une écriture très construite. Quelques vers suffisent à installer une situation, individualiser un personnage et faire basculer l’action vers une conclusion parfois sévère. Les dialogues donnent aux fables une dimension presque théâtrale, tandis que les variations de rythme et de registre empêchent la lecture de devenir mécanique. Les notes de vocabulaire peuvent aider à franchir les difficultés lexicales et historiques, mais elles ne remplacent pas l’attention aux sous-entendus, aux sonorités et à la portée politique des scènes.
Les gravures de J. J. Grandville apportent à cette édition un contrepoint visuel important. Leur imagerie animalise les comportements humains et prolonge la satire par la composition, les attitudes et les costumes, même si une illustration peut aussi orienter l’interprétation du lecteur. Pour un usage scolaire ou une première approche, l’association du texte, des notes et des espaces de prise de notes est pratique. Pour une étude savante, il faudrait toutefois vérifier l’établissement du texte, les sources des annotations et les choix éditoriaux précis.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui souhaitent redécouvrir les Fables dans une édition accessible, avec des explications lexicales et un accompagnement visuel.
- Les élèves et étudiants qui ont besoin d’un support annotable pour travailler la versification, la morale et la satire sociale.
- Les amateurs d’éditions illustrées intéressés par la rencontre entre le texte de La Fontaine et l’imaginaire graphique de Grandville.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une édition critique complète, avec appareil historique, variantes et bibliographie détaillée.
- Ceux qui préfèrent lire les Fables sans espaces de notes ni dispositifs pédagogiques ajoutés à la page.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Les fables concentrent en quelques pages des situations sociales et morales lisibles, sans réduire leur portée à une leçon unique.
- Les gravures de Grandville offrent un prolongement visuel cohérent avec la dimension satirique des textes.
- Les notes de vocabulaire rendent plus abordable une langue ancienne et parfois elliptique.
Ce qui coince
- L’absence d’informations connues sur l’établissement du texte et l’appareil critique limite son intérêt pour une lecture universitaire.
- Les pages de prise de notes rendent l’objet pratique, mais peuvent donner à l’ensemble l’allure d’un cahier plutôt que celle d’une édition littéraire aboutie.
Fiche technique
- Auteur
- Jean de La Fontaine
- Parution
- 1678
- Format
- Broché
Par la rédaction de Livres et pensées.