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Livres et pensées
Couverture de Et toujours les forêts

Et toujours les forêts

de Sandrine Collette

4/5selon la rédaction

4,1/5 sur Amazon, 1 200 évaluations, relevé en septembre 2026

Un roman post-apocalyptique sombre et sensoriel, porté par une réflexion exigeante sur la survie, la transmission et la reconstruction.

En bref

Après un effondrement dont le monde ne s’est pas relevé, Corentin grandit dans une société réduite à quelques survivants et à des territoires dévastés. Lorsqu’une catastrophe le sépare des siens, il doit affronter seul un environnement devenu hostile et chercher les moyens de continuer à vivre. Sandrine Collette adopte le registre du récit post-apocalyptique pour interroger ce qui demeure de l’humain quand les repères sociaux ont disparu.

À propos du livre

Le roman s’intéresse moins aux causes précises de la catastrophe qu’à ses conséquences concrètes : la faim, l’isolement, la peur et la nécessité de réinventer des liens. La nature n’y constitue pas un simple décor de ruines. Elle devient une force autonome, parfois menaçante, qui oblige les survivants à modifier leurs gestes, leurs priorités et leur rapport au temps. Cette attention aux conditions matérielles de l’existence donne au récit une dimension presque physique, sans réduire ses enjeux à une simple aventure de survie.

La construction privilégie une progression dépouillée, centrée sur les perceptions et les actes du personnage. Les paysages, les odeurs, le froid, la fatigue et les ressources disponibles occupent une place importante, tandis que les explications demeurent mesurées. Le style de Sandrine Collette associe phrases tendues et passages plus contemplatifs, ce qui installe une atmosphère de menace durable. Cette écriture sensorielle renforce l’immersion, même si elle laisse parfois peu de distance au lecteur face à la noirceur du monde décrit.

Dans l’œuvre de Sandrine Collette, ce livre prolonge l’intérêt pour les milieux hostiles, les corps éprouvés et les formes de solidarité qui peuvent apparaître dans des situations extrêmes. Il se distingue toutefois de ses romans les plus directement ancrés dans le réalisme par son cadre post-apocalyptique et sa portée allégorique. Le récit ne cherche pas à construire une société future complexe : il concentre son énergie sur quelques êtres et sur la possibilité fragile de recommencer.

La réputation du roman tient notamment à cette combinaison entre récit de survie, fable écologique et étude des liens familiaux. Sa force vient de sa cohérence d’ensemble : le monde dévasté, la langue et les comportements obéissent à une même logique de raréfaction. Certains lecteurs pourront néanmoins trouver la noirceur insistante et l’intrigue moins développée sur le plan collectif que ne le laissent attendre les codes de la dystopie. Le livre vise davantage l’impact émotionnel et sensoriel que l’explication politique.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs de récits post-apocalyptiques qui recherchent une atmosphère de survie concrète plutôt qu’un univers futuriste détaillé.
  • Les lecteurs sensibles aux romans écologiques et aux histoires centrées sur la transmission, la solitude et la reconstruction des liens.
  • Les amateurs d’une prose sensorielle, tendue et sombre, où les paysages participent pleinement au conflit.

À éviter si

  • Les lecteurs qui attendent une intrigue d’anticipation riche en explications scientifiques, politiques ou géopolitiques risquent de trouver le cadre trop peu développé.
  • Les lecteurs qui préfèrent des récits de survie moins éprouvants peuvent être rebutés par la dureté constante du monde décrit.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Le roman rend concrètes les contraintes de la survie grâce à une attention précise portée aux sensations, aux ressources et aux gestes quotidiens.
  • La nature est traitée comme une force narrative à part entière, et non comme un simple arrière-plan de catastrophe.
  • L’écriture tendue et sensorielle installe une atmosphère cohérente, sans multiplier les explications artificielles.

Ce qui coince

  • La noirceur et la répétition des épreuves peuvent produire une impression d’insistance, surtout dans la première moitié du récit.
  • Le fonctionnement collectif du monde d’après reste en retrait, ce qui limite la portée politique et documentaire de l’anticipation.

Fiche technique

Auteur
Sandrine Collette
Éditeur
Le Livre de Poche
Parution
2020
Format
Poche
Prix éditeur
9,20 €
ISBN
9782253241928

Par la rédaction de Livres et pensées.