
Et si les chats disparaissaient du monde...
de Genki Kawamura
4/5selon la rédaction
4,6/5 sur Amazon, 155 évaluations, relevé en septembre 2026
Une fable existentielle accessible, qui transforme une idée fantastique en réflexion sur les liens, le deuil et la valeur des choses.
En bref
Un jeune facteur apprend qu’il ne lui reste que peu de temps à vivre. Un étrange personnage lui propose de gagner une journée supplémentaire chaque fois qu’il accepte de faire disparaître un élément du monde, jusqu’à ce que les chats entrent dans la balance. Entre fantastique discret, humour mélancolique et réflexion sur les attachements, le roman interroge ce que nous sommes prêts à sacrifier pour continuer à vivre.
À propos du livre
Le livre part d’un dispositif simple et immédiatement lisible : chaque disparition promet un sursis, mais oblige à mesurer la place réelle des choses dans une existence. Téléphones, films, horloges ou chats ne sont pas seulement des objets de récit, ils deviennent des supports pour examiner la mémoire, les habitudes et les relations. La réflexion reste volontairement concrète, proche de l’expérience quotidienne, ce qui rend les questions de mort et de renoncement accessibles sans les réduire entièrement à une leçon de morale.
Genki Kawamura privilégie une construction en épisodes, chaque échange avec le diable faisant avancer à la fois le compte à rebours et la prise de conscience du personnage. Le ton alterne légèreté, ironie et gravité, avec une écriture dépouillée qui favorise la fluidité. Cette simplicité peut donner au roman une allure de conte philosophique, parfois plus démonstrative que subtile. Elle permet aussi une lecture rapide, sans sacrifier complètement l’émotion liée aux souvenirs et aux liens familiaux.
Le roman s’inscrit dans une tradition japonaise de récits où l’irruption du surnaturel sert à déplacer le regard sur les gestes ordinaires. Il ne cherche ni la spéculation complexe ni le réalisme psychologique détaillé, mais une forme de fable contemporaine, centrée sur les choix intimes. Sa force tient à la netteté de son idée directrice et à la capacité de ses motifs récurrents à parler à des lecteurs très différents. Ceux qui attendent une intrigue fortement développée ou une philosophie approfondie pourront toutefois rester à distance.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les romans courts mêlant fantastique, émotion et questionnement sur la mort y trouveront une porte d’entrée très accessible.
- Les amateurs de fables japonaises contemporaines apprécieront le contraste entre situations absurdes et enjeux affectifs concrets.
- Les lecteurs attirés par les récits sur le deuil, la mémoire et la valeur des relations pourront prolonger leur lecture par une réflexion personnelle.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue complexe, des personnages très développés ou des retournements nombreux risquent de trouver la construction trop schématique.
- Ceux qui se méfient des récits à portée philosophique explicite peuvent être gênés par les messages parfois directement formulés.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le dispositif des disparitions rend concrètes des questions abstraites sur le temps, la perte et l’attachement.
- L’alternance entre humour et gravité évite au récit de rester uniformément sombre.
- Le style dépouillé et la construction par épisodes rendent la lecture fluide et immédiatement accessible.
Ce qui coince
- Les personnages secondaires sont davantage des relais thématiques que des figures psychologiques pleinement approfondies.
- Certaines réflexions sont formulées de manière appuyée, ce qui réduit parfois l’ambiguïté et la subtilité du conte.
Fiche technique
- Auteur
- Genki Kawamura
- Éditeur
- Parution
- 2012
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 7,40 €
- ISBN
- 9782266286572
Par la rédaction de Livres et pensées.