
Et on tuera tous les affreux
de Ignacio Noé
3,5/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 14 évaluations, relevé en septembre 2026
Une adaptation graphique très singulière, à réserver aux lecteurs attirés par le noir, le grotesque et l’érotisme provocateur.
En bref
Rock Bailey se réveille après une agression et découvre qu’une série d’événements inquiétants se noue autour de lui. Cette adaptation en bande dessinée reprend l’intrigue de Boris Vian dans un registre de polar décalé, satirique et volontiers provocateur.
À propos du livre
Publié en 1948 sous le nom de Vernon Sullivan, le roman de Boris Vian détourne les codes du récit criminel pour attaquer les fantasmes de virilité, les obsessions médicales et les discours de normalisation des corps. Ignacio Noé en conserve la charge transgressive et l’humour noir, sans chercher à rendre le matériau plus consensuel. L’intérêt de l’ensemble tient à cette tension entre enquête, farce macabre et satire sociale.
Le dessin donne une place centrale aux corps, aux visages et aux situations outrées. Cette expressivité visuelle accentue le mélange de sensualité, de violence et de grotesque déjà présent dans le texte de Vian. L’adaptation privilégie ainsi l’impact des images et le rythme des scènes, avec une esthétique qui peut séduire par son audace mais aussi mettre à distance les lecteurs peu réceptifs à la provocation graphique.
Dans le paysage des adaptations de classiques en bande dessinée, cet album se distingue par le choix d’un texte moins sage que les œuvres habituellement portées à l’écran ou en cases. Il permet de retrouver l’esprit irrévérencieux de Vian tout en faisant entendre la sensibilité d’Ignacio Noé. Sa réputation repose surtout sur cette rencontre entre littérature noire, érotisme et dessin expressionniste, plutôt que sur une fidélité neutre au roman original.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de Boris Vian qui souhaitent redécouvrir son humour noir et sa critique des normes sous une forme graphique.
- Les amateurs de bandes dessinées adultes, satiriques et visuellement provocatrices.
- Les lecteurs attirés par les adaptations littéraires qui prennent une véritable liberté esthétique.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent un polar réaliste et une intrigue strictement vraisemblable risquent d’être déconcertés par le grotesque et l’exagération.
- Les lecteurs sensibles aux représentations crues du corps, de la sexualité ou de la violence peuvent trouver l’album inutilement provocateur.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- L’adaptation conserve la dimension satirique et transgressive du texte de Boris Vian.
- Le dessin exploite efficacement l’expressivité des corps et des situations outrées.
- Le mélange de polar, d’humour noir et de grotesque produit une tonalité immédiatement reconnaissable.
Ce qui coince
- La provocation visuelle peut prendre le pas sur la finesse de certains enjeux du roman.
- Le registre volontairement outré rend l’ensemble inégalement accessible aux lecteurs qui ne partagent pas cet humour.
Fiche technique
- Auteur
- Ignacio Noé
- Éditeur
- Glénat
- Parution
- 1948
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 19,50 €
- ISBN
- 9782344020128
Par la rédaction de Livres et pensées.