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Livres et pensées
Couverture de Essai sur la non-bataille

Essai sur la non-bataille

de Guy Brossollet

4/5selon la rédaction

4,3/5 sur Amazon, 20 évaluations, relevé en septembre 2026

Un essai de stratégie militaire original, exigeant et daté par son contexte, à lire pour comprendre une autre conception de la défense européenne.

En bref

Guy Brossollet remet en question la place centrale accordée à la bataille rangée dans la pensée militaire de la guerre froide. Il propose de réfléchir à une défense fondée sur la dispersion, la mobilité et l’usure plutôt que sur l’affrontement frontal.

À propos du livre

L’ouvrage s’inscrit dans les débats stratégiques de l’Europe occidentale face à la supériorité conventionnelle attribuée au pacte de Varsovie. Sa « non-bataille » ne désigne pas l’absence de conflit, mais une manière d’éviter le choc direct entre grandes formations militaires. Brossollet examine ainsi les conditions d’une défense qui chercherait à compliquer l’action de l’adversaire, à préserver ses propres forces et à exploiter la profondeur du territoire.

La réflexion porte autant sur l’organisation des armées que sur les représentations qui guident leur emploi. Elle remet en cause la recherche d’une décision rapide par une bataille décisive et privilégie une combinaison de mobilité, de dispersion et de résistance prolongée. L’argumentation est celle d’un officier qui raisonne en termes opérationnels, avec un vocabulaire spécialisé et une construction plus démonstrative que littéraire.

Le livre doit être replacé dans le contexte intellectuel et militaire des années 1970, marqué par la dissuasion nucléaire, la division de l’Europe et les interrogations sur la vulnérabilité des forces conventionnelles. Certaines propositions portent donc la marque de leur époque, mais le texte conserve un intérêt pour qui veut suivre les débats sur la défense territoriale, l’asymétrie des moyens et les limites de la bataille classique.

Sa réputation tient surtout à la singularité de sa thèse et à la discussion qu’elle a suscitée dans les milieux de la stratégie française. L’essai ne cherche pas à vulgariser les questions militaires et suppose une attention soutenue aux concepts, aux scénarios et aux conséquences organisationnelles. Il vaut moins comme manuel immédiatement applicable que comme document de pensée stratégique et comme remise en cause d’évidences militaires longtemps admises.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs intéressés par l’histoire militaire et la pensée stratégique française y trouveront une proposition originale, directement liée aux tensions de la guerre froide.
  • Les amateurs de géopolitique apprécieront une réflexion concrète sur la défense d’un territoire face à un adversaire matériellement supérieur.
  • Les lecteurs qui cherchent des essais sur les doctrines militaires plutôt que des récits de guerre pourront y suivre une argumentation structurée et spécialisée.

À éviter si

  • Les lecteurs qui attendent une introduction accessible à la stratégie militaire risquent d’être gênés par le vocabulaire opérationnel et l’absence de vulgarisation.
  • Ceux qui recherchent une analyse contemporaine des conflits actuels pourront trouver le cadre historique et technologique trop daté.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • La thèse de la non bataille propose une critique cohérente de la recherche systématique de l’affrontement frontal.
  • L’essai relie les choix tactiques à l’organisation concrète des forces et à la défense du territoire.
  • Le texte constitue un témoignage important sur les interrogations stratégiques françaises des années 1970.

Ce qui coince

  • Le contexte de la guerre froide structure fortement l’analyse et limite la portée immédiate de certaines propositions.
  • La technicité de l’argumentation et l’absence de médiation historique rendent la lecture exigeante pour les non spécialistes.

Fiche technique

Auteur
Guy Brossollet
Parution
1975
Format
Broché

Par la rédaction de Livres et pensées.