
Espérer envers et contre tout : Un juif et un chrétien après Auschwitz
de Johann Baptist Metz
4/5selon la rédaction
3/5 sur Amazon, 1 évaluations, relevé en septembre 2026
Un dialogue théologique dense sur la mémoire d’Auschwitz, exigeant pour qui veut penser ensemble foi, responsabilité et espérance.
En bref
Johann Baptist Metz confronte la pensée chrétienne à la mémoire de la Shoah dans un échange avec le penseur juif Elie Wiesel. Le livre interroge la possibilité de croire et d’espérer après Auschwitz, sans contourner la question de la souffrance ni celle de la responsabilité historique des chrétiens.
À propos du livre
Le point de départ du livre est une difficulté théologique et morale : comment parler de Dieu, de l’espérance et de l’avenir après l’extermination des Juifs d’Europe ? Metz refuse une réponse abstraite ou consolatrice. La mémoire d’Auschwitz devient une exigence de pensée, qui oblige le christianisme à regarder son histoire, ses silences et les formes de souffrance qu’il a parfois laissées dans l’ombre. L’ouvrage articule ainsi réflexion religieuse et responsabilité historique.
La forme dialoguée donne au texte une tension particulière. La parole chrétienne ne se déploie pas seule : elle est mise à l’épreuve par une parole juive marquée par la catastrophe et par l’impossibilité de refermer trop vite la question. Le propos reste conceptuel, mais il s’appuie sur des interrogations concrètes concernant la mémoire, la justice, la culpabilité et la transmission. La brièveté du livre favorise la concentration, au prix de développements parfois rapides.
Ce texte s’inscrit dans la théologie politique de Johann Baptist Metz, qui fait de la mémoire des victimes un correctif à une foi trop détachée de l’histoire. Il appartient aussi aux réflexions chrétiennes sur Auschwitz qui cherchent moins à expliquer l’événement qu’à en mesurer les conséquences pour le langage religieux. Sa valeur tient à cette discipline intellectuelle : l’espérance n’est pas présentée comme un optimisme, mais comme une responsabilité envers les morts et les vivants.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs intéressés par la théologie chrétienne contemporaine et par ses rapports avec la mémoire de la Shoah y trouveront une réflexion directement centrée sur ces enjeux.
- Les lecteurs qui apprécient les dialogues intellectuels entre traditions religieuses pourront suivre la confrontation entre parole juive et parole chrétienne.
- Les lecteurs familiers de la philosophie de la religion pourront prolonger leur réflexion sur la foi après la catastrophe historique.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent un récit historique détaillé de la Shoah risquent d’être déçus, car le livre est avant tout théologique et réflexif.
- Les lecteurs qui préfèrent une argumentation progressive et largement contextualisée pourront trouver l’échange trop condensé.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le livre refuse les réponses théologiques faciles face à la souffrance et maintient la question d’Auschwitz au centre de la réflexion.
- La confrontation entre perspectives juive et chrétienne empêche le propos de se réduire à un monologue confessionnel.
- La forme brève et dialoguée donne une forte densité aux questions de mémoire, de responsabilité et d’espérance.
Ce qui coince
- La concision laisse certaines notions théologiques à l’état d’esquisse, ce qui peut rendre la lecture exigeante pour les non-spécialistes.
- Le caractère très réflexif du texte laisse peu de place au contexte historique et aux exemples développés.
Fiche technique
- Auteur
- Johann Baptist Metz
- Éditeur
- Salvator
- Parution
- 2009
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 17,00 €
- ISBN
- 9782706709043
Par la rédaction de Livres et pensées.