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Livres et pensées
Couverture de En passant

En passant

de Raymond Queneau

3,5/5selon la rédaction

4,2/5 sur Amazon, 3 évaluations, relevé en septembre 2026

Une pièce brève et expérimentale, à réserver aux lecteurs intéressés par le théâtre de langage et l’humour de Queneau.

En bref

Cette œuvre théâtrale met en jeu une situation d’attente et de rencontre, traitée avec le goût de Queneau pour le décalage verbal et les constructions inattendues. Le texte joue avec les conventions du drame, en faisant de l’annonce, de la parole et de la forme théâtrale des objets comiques.

À propos du livre

Le sujet importe moins ici comme récit que comme dispositif. Queneau installe une situation théâtrale volontairement instable, où l’action semble toujours précédée, annoncée ou empêchée par ce qui se dit. Le « drame » devient ainsi une promesse à examiner plutôt qu’un événement à suivre. Cette manière de déplacer l’intérêt vers les conditions de la représentation donne au texte une dimension réflexive, sans supprimer sa veine comique.

La construction repose sur la brièveté, le contraste et la rupture des attentes. Les échanges avancent par glissements, reprises et décalages, avec une langue qui refuse le naturel apparent du dialogue théâtral. Queneau exploite les ambiguïtés, les sonorités et les raisonnements de travers pour produire un comique très écrit. Le lecteur doit donc accepter une intrigue réduite et prêter une attention soutenue au mouvement des répliques.

En passant appartient au vers théâtral de l’œuvre de Queneau, moins connu du grand public que ses romans et ses Exercices de style, mais cohérent avec leur goût commun pour les contraintes, les variations et la contestation des formes établies. Le texte intéressera surtout par son laboratoire de langage. Il ne cherche pas à développer des personnages longuement caractérisés ni à construire une émotion psychologique traditionnelle.

La réussite de l’ensemble dépend fortement de la disponibilité du lecteur à l’absurde et au théâtre de parole. Sur scène, le rythme, les silences et la présence des acteurs peuvent donner une portée concrète à des effets qui paraissent plus abstraits à la lecture. Sur la page, cette économie devient à la fois la force du texte, par sa précision, et sa limite, par son faible développement narratif.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui apprécient le théâtre de l’absurde, les situations métathéâtrales et les dialogues construits comme des jeux de langage.
  • Les amateurs de Raymond Queneau qui souhaitent découvrir son écriture dramatique plutôt que ses seuls romans.
  • Les lecteurs intéressés par les formes brèves et les textes qui interrogent les conventions du théâtre.

À éviter si

  • Les lecteurs qui attendent une intrigue développée, des personnages approfondis ou une progression dramatique classique.
  • Les lecteurs peu sensibles à l’humour verbal et aux textes qui privilégient l’expérimentation formelle sur le récit.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • La brièveté concentre efficacement les effets de décalage et de rupture propres à l’écriture de Queneau.
  • Les dialogues exploitent avec précision les ambiguïtés, les répétitions et les possibilités comiques de la langue.
  • La pièce met en question les conventions du drame sans renoncer à une véritable inventivité théâtrale.

Ce qui coince

  • L’intrigue réduite et l’absence de caractérisation approfondie peuvent donner une impression d’exercice plus que d’œuvre dramatique complète.
  • Une partie des effets repose sur le rythme de la représentation, ce qui peut les rendre moins immédiats à la lecture.

Fiche technique

Auteur
Raymond Queneau
Éditeur
Gallimard, collection Folio
Parution
1944
Format
Poche
Prix éditeur
7,00 €
ISBN
9782070645558

Par la rédaction de Livres et pensées.