
En attendant Bojangles
de Ingrid Chabbert et Carole Maurel
4/5selon la rédaction
4,2/5 sur Amazon, 35 évaluations, relevé en septembre 2026
Une adaptation sensible et graphiquement expressive, qui restitue la fantaisie du récit tout en donnant une vraie place à sa part sombre.
En bref
Dans une famille où l’on danse chaque soir sur « Mr. Bojangles », un garçon raconte la vie fantasque de ses parents. Le père entretient les inventions et les jeux, tandis que la mère transforme le quotidien en fête perpétuelle, sous le regard émerveillé de son fils. Quand cette joie débordante se fragilise, la famille doit composer avec une réalité moins légère. Cette bande dessinée adapte le roman d’Olivier Bourdeaut dans un registre à la fois fantaisiste, tendre et mélancolique.
À propos du livre
L’album repose sur le contraste entre la liberté imaginative de cette famille et les menaces qui pèsent sur son équilibre. Le regard de l’enfant permet de préserver une part de merveilleux, sans effacer complètement la violence de ce qui se joue derrière les fêtes, les danses et les récits inventés. Cette approche rend accessibles des thèmes difficiles, comme la fragilité psychique, l’amour familial et le refus des conventions, sans transformer l’histoire en simple leçon sur la maladie.
Le découpage privilégie les scènes de vie, les dialogues et les moments de mouvement. Carole Maurel accompagne cette énergie par un dessin souple et expressif, où les attitudes, les couleurs et les variations de rythme donnent une forme concrète à l’excentricité des personnages. Les séquences les plus légères gagnent ainsi en ampleur, tandis que les changements de tonalité restent lisibles pour le lecteur.
L’adaptation d’Ingrid Chabbert ne cherche pas à reproduire mécaniquement la prose d’Olivier Bourdeaut. Elle transpose son dispositif narratif dans un langage visuel, en conservant la voix enfantine et le mélange de fantaisie et de gravité qui faisaient l’identité du roman. Cette transposition donne davantage de présence aux personnages et aux décors, mais réduit inévitablement la place du récit intérieur et de certaines nuances psychologiques.
L’album s’inscrit dans une veine de bande dessinée littéraire qui privilégie l’émotion, la stylisation et la lisibilité. Sa réputation tient à l’équilibre entre une atmosphère immédiatement identifiable et un sujet plus complexe qu’il n’y paraît. Les lecteurs qui connaissent le roman y retrouveront ses grands motifs, tandis que les autres découvriront une histoire familiale accessible, portée par une mise en scène visuelle très présente.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui aiment les récits familiaux où la fantaisie sert à affronter une réalité plus douloureuse.
- Les amateurs d’adaptations littéraires en bande dessinée et de dessins expressifs, attentifs aux changements de rythme et de tonalité.
- Les lecteurs qui recherchent une histoire accessible abordant la fragilité psychique sans renoncer à la poésie.
À éviter si
- Les lecteurs qui préfèrent une analyse psychologique très développée ou une narration strictement réaliste risquent de trouver le traitement trop stylisé.
- Ceux qui attendent une adaptation entièrement autonome par rapport au roman pourront regretter la place importante accordée à l’atmosphère et aux images.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le point de vue enfantin maintient une distance poétique tout en laissant apparaître la gravité des situations.
- Le dessin expressif traduit efficacement l’exubérance des personnages et les variations de l’ambiance familiale.
- L’adaptation conserve le mélange de fantaisie, de tendresse et de mélancolie propre au récit.
Ce qui coince
- La transposition en images laisse moins de place aux nuances intérieures et aux développements psychologiques du roman.
- L’esthétique très marquée peut accentuer le sentiment de légèreté au détriment de certaines ambiguïtés du sujet.
Fiche technique
- Auteur
- Ingrid Chabbert et Carole Maurel
- Éditeur
- Steinkis
- Parution
- 2017
- Format
- Broché
- ISBN
- 9782368461099
Par la rédaction de Livres et pensées.