
Donjon Zénith T11, Les Méandres du pouvoir
de Lewis Trondheim, Joann Sfar et Boulet
3,5/5selon la rédaction
4,6/5 sur Amazon, 12 évaluations, relevé en septembre 2026
Un épisode politique et satirique de Donjon, recommandé aux lecteurs qui apprécient l’humour absurde et les univers feuilletonnants.
En bref
Dans la série Zénith, l’univers de Donjon continue d’évoluer autour des rapports de force, des ambitions et des intérêts qui traversent la forteresse. Les Méandres du pouvoir déplace ainsi l’attention vers les mécanismes politiques et les conflits d’influence, sans abandonner l’humour décalé de la série.
À propos du livre
Ce tome exploite l’un des ressorts majeurs de Donjon : transformer les conventions de l’heroic fantasy en matière comique et politique. Le pouvoir n’y apparaît pas seulement comme un enjeu individuel, mais comme un système de relations, de compromis et de rivalités. Cette approche permet à l’album de prolonger les thèmes récurrents de la série, notamment la hiérarchie, l’administration de la violence et la difficulté de gouverner un monde peuplé de créatures aux intérêts contradictoires.
L’écriture repose sur une mécanique de dialogues, de situations absurdes et de retournements rapides. Le scénario de Lewis Trondheim et Joann Sfar conserve le goût de la parodie, tout en donnant davantage de place aux jeux d’influence qu’à la simple aventure. Le dessin de Boulet s’inscrit dans la lisibilité propre à la série : les personnages sont immédiatement identifiables, les scènes d’action restent claires et l’expressivité soutient efficacement les effets comiques.
Dans l’ensemble de Donjon, la série Zénith occupe une place centrale, puisqu’elle suit la période de développement et de rayonnement du Donjon. Ce onzième épisode s’adresse donc d’abord aux lecteurs qui connaissent déjà les personnages et les règles de cet univers. Il peut se lire pour son intrigue politique, mais une partie de ses effets repose sur la continuité, les écarts entre les époques de la série et la familiarité avec son humour.
La réputation de Donjon tient à sa capacité à associer une construction feuilletonnante ambitieuse à des albums autonomes, souvent courts et immédiatement lisibles. Les Méandres du pouvoir reprend cette formule tout en privilégiant la satire des institutions et des rapports de domination. Cette orientation donne au tome une identité nette, mais elle peut aussi laisser à distance les lecteurs qui attendent avant tout une quête héroïque classique ou une progression dramatique continue.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de Donjon qui souhaitent retrouver les personnages et prolonger les intrigues de la série Zénith.
- Les amateurs de fantasy humoristique et de récits qui tournent en dérision les mécanismes du pouvoir.
- Les lecteurs de bande dessinée qui apprécient les univers collectifs, les dialogues rapides et les séries à continuité souple.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent une aventure autonome, avec un début et une résolution parfaitement indépendants des autres albums.
- Les amateurs d’heroic fantasy réaliste ou de récits dont l’humour ne repose pas sur l’absurde et la parodie.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- L’album transforme les rapports de pouvoir en ressorts narratifs et comiques plutôt qu’en simple décor.
- Les dialogues et les situations conservent le rythme satirique caractéristique de Donjon.
- Le dessin de Boulet privilégie une mise en scène lisible et une forte expressivité des personnages.
Ce qui coince
- La compréhension et l’intérêt gagnent nettement à s’appuyer sur une connaissance préalable de l’univers de Donjon.
- La succession de gags et de retournements peut réduire la portée émotionnelle des enjeux politiques pour les lecteurs qui attendent un récit plus développé.
Fiche technique
- Auteur
- Lewis Trondheim, Joann Sfar et Boulet
- Éditeur
- Delcourt
- Parution
- 2024
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 11,95 €
- ISBN
- 9782413089445
Par la rédaction de Livres et pensées.