
Donjon Crépuscule T112 : Pourfendeurs de démons
de Joann Sfar et Lewis Trondheim
4/5selon la rédaction
4,5/5 sur Amazon, 59 évaluations, relevé en septembre 2026
Un épisode dense et mordant de Donjon, surtout recommandé aux lecteurs familiers de la série et de son humour sombre.
En bref
Dans la Terra Amata de l’ère Crépuscule, la menace démoniaque donne un rôle central aux combattants chargés de l’éradiquer. Le récit mêle fantasy apocalyptique, affrontements et humour absurde, dans la continuité du ton particulier de Donjon.
À propos du livre
Ce volume exploite un ressort classique de la fantasy, la lutte contre les démons, pour le soumettre à la logique décalée de Donjon. La grandeur des menaces et le caractère dérisoire des motivations individuelles se répondent constamment. Sous la parodie, la série conserve un intérêt pour les rapports de pouvoir, la violence organisée et les figures héroïques abîmées par leur monde. L’épisode ne cherche donc pas seulement à multiplier les monstres, il prolonge aussi la vision satirique d’une société en décomposition.
La construction repose sur un rythme de bande dessinée d’aventure, avec des scènes d’action régulièrement interrompues par des échanges absurdes ou des décalages comiques. Le scénario privilégie l’ellipse et la densité, ce qui suppose d’accepter un univers déjà chargé en personnages, en lignées et en événements antérieurs. Le dessin d’Obion s’inscrit dans la tradition visuelle de Donjon, avec des silhouettes expressives et une lecture efficace des affrontements. L’ensemble reste volontairement plus étrange que spectaculaire.
Donjon Crépuscule constitue la branche la plus sombre et la plus crépusculaire de la vaste saga imaginée par Sfar et Trondheim. Ce tome fonctionne comme un nouvel épisode de cet univers plutôt que comme une porte d’entrée idéale pour un lecteur novice. Sa réputation tient à cette combinaison singulière, une fantasy construite avec sérieux dans ses enjeux, mais constamment déstabilisée par l’ironie, la trivialité et l’imprévisibilité des personnages.
L’intérêt du livre dépend ainsi beaucoup de la familiarité avec les codes de la série. Les lecteurs déjà attachés à Terra Amata y retrouveront une continuité d’atmosphère et un humour qui refuse l’héroïsme convenu. En revanche, la numérotation et les références accumulées rendent l’expérience moins immédiate. Ce n’est pas un récit d’initiation à Donjon, mais un épisode qui prend sa valeur dans la longue durée, par les variations qu’il apporte à une mythologie déjà très développée.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui suivent Donjon et souhaitent prolonger son versant le plus sombre, entre fantasy, satire et absurdité.
- Les amateurs de bandes dessinées d’aventure qui apprécient les univers foisonnants et les récits peu respectueux des conventions héroïques.
- Les lecteurs sensibles au dessin expressif et aux scénarios qui alternent action, étrangeté et humour décalé.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent un album autonome, immédiatement compréhensible sans connaissance préalable de Donjon.
- Les amateurs de fantasy linéaire et sérieuse, qui risquent de trouver les ellipses et les ruptures de ton déconcertantes.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le contraste entre l’ampleur apocalyptique de l’univers et la trivialité comique des situations structure efficacement l’épisode.
- Le scénario maintient une tension entre aventure, satire sociale et humour absurde sans réduire la série à une simple parodie.
- Le dessin d’Obion rend les personnages immédiatement lisibles et donne de l’énergie aux scènes d’affrontement.
Ce qui coince
- La forte dépendance à la continuité de Donjon complique l’accès au récit pour les nouveaux lecteurs.
- La densité narrative et les ellipses peuvent donner une impression de précipitation, surtout lorsque plusieurs références sont mobilisées en peu de pages.
Fiche technique
- Auteur
- Joann Sfar et Lewis Trondheim
- Éditeur
- Delcourt
- Parution
- 2021
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 11,95 €
- ISBN
- 9782413016878
Par la rédaction de Livres et pensées.