
Des souris et des hommes
de John Steinbeck
4,5/5selon la rédaction
4,6/5 sur Amazon, 1 000 évaluations, relevé en septembre 2026
Une novella sociale d’une grande précision, portée par deux personnages inoubliables et une réflexion sans simplisme sur la fraternité.
En bref
Dans la Californie de la Grande Dépression, George et Lennie, deux ouvriers agricoles itinérants, cherchent du travail dans les ranchs. Ils partagent le rêve d’une vie indépendante, mais leur relation se heurte à la dureté du monde qui les entoure et à la vulnérabilité de Lennie.
À propos du livre
Steinbeck inscrit son récit dans l’univers précaire des travailleurs agricoles américains, soumis aux déplacements, aux licenciements et à la solitude. Le ranch devient un espace social fermé, où chacun porte une attente, une blessure ou un projet d’avenir. À travers George et Lennie, le livre interroge la possibilité de rester humain dans un environnement gouverné par la force, l’argent et la nécessité. La question sociale n’est jamais séparée des liens affectifs qui donnent un sens à l’existence.
La construction est resserrée, presque théâtrale. Les scènes avancent par dialogues, gestes et confrontations, avec une place importante accordée aux silences et aux répétitions. Steinbeck caractérise ses personnages par leur manière de parler autant que par leurs actes, sans transformer les plus fragiles en figures purement exemplaires. L’écriture reste accessible, mais son apparente simplicité organise une tension croissante entre le rêve collectif et les contraintes concrètes qui pèsent sur les individus.
Dans l’œuvre de Steinbeck, cette novella occupe une place centrale par son équilibre entre réalisme social et portée symbolique. Elle partage avec ses autres récits consacrés aux exclus une attention aux rapports de classe, à la dignité et aux formes de solidarité. Sa brièveté et son intrigue lisible ont favorisé sa diffusion auprès des jeunes lecteurs, mais le texte résiste à une lecture seulement pédagogique. Sa force vient de l’ambivalence morale qu’il maintient jusqu’au bout, sans distribuer trop facilement les torts et les innocences.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui cherchent un classique court, lisible et dense, avec une véritable réflexion sociale.
- Les amateurs de récits centrés sur l’amitié, la vulnérabilité et les rêves empêchés.
- Les lecteurs intéressés par la littérature américaine de la Grande Dépression et ses personnages issus des milieux populaires.
À éviter si
- Les lecteurs qui préfèrent des intrigues amples, plusieurs lieux et une psychologie développée sur plusieurs centaines de pages.
- Les lecteurs qui supportent mal les récits construits autour d’une tension tragique et d’un univers social très dur.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La relation entre George et Lennie est construite avec une grande finesse, entre protection, fatigue, affection et responsabilité.
- La forme brève concentre efficacement les enjeux sociaux et dramatiques sans multiplier les intrigues secondaires.
- Les dialogues donnent aux personnages une présence immédiate tout en laissant apparaître leurs rapports de pouvoir et leurs fragilités.
Ce qui coince
- La structure très maîtrisée peut sembler démonstrative à certains lecteurs, notamment dans la progression vers le drame.
- La brièveté du récit limite parfois l’exploration de certains personnages secondaires, qui restent surtout définis par leur fonction dans le groupe.
Fiche technique
- Auteur
- John Steinbeck
- Éditeur
- Le Livre de Poche
- Parution
- 1937
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 6,50 €
- ISBN
- 9782410004823
Par la rédaction de Livres et pensées.