
Criton
de Platon
4/5selon la rédaction
4,7/5 sur Amazon, 110 évaluations, relevé en septembre 2026
Un dialogue bref et rigoureux sur la justice, utile pour découvrir la pensée politique de Platon sans entrer dans une lecture technique.
En bref
Emprisonné après sa condamnation, Socrate reçoit la visite de Criton, qui veut le convaincre de s’évader. Le dialogue met alors en tension l’amitié, la loyauté, la justice et le respect des lois. Dans une forme concise et théâtrale, Platon fait examiner les raisons qui pourraient justifier la fuite, puis les soumet à une exigence de cohérence morale.
À propos du livre
Le sujet apparent est très concret : faut-il accepter une condamnation injuste ou s’y soustraire lorsque les circonstances permettent de fuir ? Platon déplace rapidement cette question vers un problème plus général, celui de la conduite juste. L’opinion de la majorité, les obligations envers ses proches et les conséquences pratiques d’une décision sont confrontées à un principe central : il ne faut pas répondre à l’injustice par l’injustice.
La construction repose sur un échange serré entre deux interlocuteurs. Criton avance des arguments liés à la réputation, à la famille et aux devoirs de l’amitié ; Socrate les examine en recherchant une règle valable au-delà du cas particulier. La parole des lois, personnifiées dans le dialogue, donne à l’argumentation une dimension politique et oblige à réfléchir au rapport entre citoyen et cité.
Le texte est plus accessible que les dialogues platoniciens consacrés à des notions très abstraites, même si certaines étapes du raisonnement demandent une lecture attentive. Sa brièveté favorise l’étude, la discussion et le retour aux passages importants. La tension dramatique vient moins de l’action que de l’affrontement entre une solution immédiatement raisonnable et une exigence morale beaucoup plus stricte.
Criton occupe une place importante dans la représentation de Socrate comme philosophe dont les actes doivent rester accordés aux principes qu’il défend. Il constitue aussi une bonne porte d’entrée vers les questions politiques de Platon : l’autorité des lois, le consentement du citoyen et les limites de la désobéissance. Sa réputation tient à cette articulation nette entre scène judiciaire, débat moral et réflexion civique.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui souhaitent découvrir Platon à travers un dialogue court, clairement construit et centré sur une question concrète.
- Les étudiants et enseignants qui cherchent un texte propice à l’analyse de l’argumentation et du rapport entre justice et lois.
- Les lecteurs intéressés par la désobéissance civile, la responsabilité politique et la cohérence entre convictions et actions.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une intrigue développée ou une réflexion politique contemporaine explicitement formulée risquent de trouver le texte trop dépouillé et indirect.
- Ceux qui préfèrent une philosophie démonstrative et systématique peuvent être gênés par la forme dialoguée et par les présupposés liés à la cité grecque.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La progression du dialogue transforme une situation particulière en examen général de la justice et de l’obéissance aux lois.
- La forme dialoguée rend visibles les étapes du raisonnement et les présupposés de chaque position.
- La brièveté du texte permet une lecture intégrale tout en ouvrant des débats moraux et politiques durables.
Ce qui coince
- La personnification des lois et la conception antique du citoyen peuvent demander des explications historiques pour un lecteur débutant.
- La rigueur de la position socratique laisse peu de place aux compromis pratiques, ce qui peut donner au débat une portée plus normative que politique.
Fiche technique
- Auteur
- Platon
- Éditeur
- Hatier
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 4,50 €
- ISBN
- 9782218963049
Par la rédaction de Livres et pensées.