
Correspondance (1944-1959)
de Albert Camus et Maria Casarès
4,5/5selon la rédaction
4,7/5 sur Amazon, 547 évaluations, relevé en septembre 2026
Un échange amoureux et littéraire d’une rare ampleur, précieux pour comprendre deux voix et une époque, mais exigeant par sa longueur.
En bref
Cette correspondance rassemble les lettres échangées par Albert Camus et Maria Casarès de 1944 à 1959. Leur relation amoureuse se mêle aux contraintes de la séparation, à la vie théâtrale, au travail d’écriture et aux événements de leur temps.
À propos du livre
Ces lettres documentent une relation qui ne se réduit pas à l’intimité amoureuse. Elles font apparaître deux artistes attentifs à leur travail, aux répétitions, aux lectures, aux projets et aux rencontres, tout en laissant affleurer les tensions liées à l’éloignement. La correspondance donne ainsi accès à une histoire personnelle, mais aussi aux conditions concrètes de la création littéraire et théâtrale dans la France de l’après-guerre.
L’intérêt du volume tient à la coexistence de plusieurs registres. Les lettres peuvent être tendres, inquiètes, sensuelles, pratiques ou réflexives, sans former un récit continu au sens romanesque. Leur succession impose une lecture progressive, attentive aux silences, aux reprises et aux variations de ton. L’ensemble demande donc de s’accommoder d’une certaine répétition, inhérente à toute correspondance publiée, mais cette matière même rend perceptible l’évolution de la relation.
Pour Camus, le livre complète la connaissance de l’homme derrière l’écrivain public et le penseur engagé, sans se substituer à ses œuvres. Pour Casarès, il constitue un témoignage majeur sur une comédienne et une personnalité artistique dont la voix apparaît ici avec une force propre. La publication intéresse autant l’histoire littéraire que l’histoire du théâtre, parce qu’elle met en regard deux pratiques de la scène et de l’écriture.
La réputation du volume repose sur son ampleur et sur la qualité littéraire de nombreuses lettres, qui dépassent le simple document biographique. Il faut toutefois accepter un appareil de lecture et un ensemble volumineux, davantage destiné à une fréquentation au long cours qu’à une lecture rapide. Les lecteurs sensibles à la correspondance d’écrivains y trouveront un document humain et esthétique particulièrement dense, tandis que les autres pourront le juger trop répétitif.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs intéressés par Albert Camus qui souhaitent éclairer son œuvre par ses relations, son quotidien et son rapport au théâtre.
- Les amateurs de correspondances littéraires et de journaux intimes, prêts à suivre un échange abondant sur la durée.
- Les lecteurs de Maria Casarès qui veulent mieux comprendre sa voix, son parcours artistique et sa place auprès de Camus.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue construite ou une biographie synthétique risquent de trouver l’ensemble trop fragmentaire et volumineux.
- Les lecteurs peu intéressés par la vie privée des écrivains peuvent rester à distance de la dimension amoureuse de l’échange.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le volume fait entendre deux voix distinctes, avec leurs inflexions affectives, professionnelles et intellectuelles.
- Les lettres éclairent concrètement les pratiques du théâtre et de l’écriture dans l’après-guerre.
- L’ensemble restitue une relation dans sa durée, avec ses attentes, ses contraintes et ses changements de ton.
Ce qui coince
- La longueur et les répétitions propres à une correspondance peuvent ralentir la lecture, surtout lorsque les lettres abordent des préoccupations quotidiennes.
- La dimension intime occupe une place importante, ce qui peut réduire l’intérêt du livre pour les lecteurs principalement attachés à l’analyse des œuvres.
Fiche technique
- Auteur
- Albert Camus et Maria Casarès
- Éditeur
- Gallimard (Folio)
- Parution
- 2017
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 15,90 €
- ISBN
- 9782072873409
Par la rédaction de Livres et pensées.