
Contes et nouvelles en vers
de Jean de La Fontaine
4/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 34 évaluations, relevé en septembre 2026
Un recueil d’une liberté surprenante, à lire pour son ironie, sa sensualité et la précision de ses vers.
En bref
La Fontaine reprend la tradition des contes grivois et des récits facétieux pour composer des histoires de désir, de ruse, de tromperie et de hasard. La légèreté apparente du vers masque une observation fine des rapports sociaux et des faiblesses humaines.
À propos du livre
Moins policés que les Fables auxquelles on l’identifie souvent, ces contes mettent en scène des personnages soumis au désir, à la jalousie, à la crédulité ou à l’appât du gain. La Fontaine ne cherche pas à délivrer une morale univoque : il préfère montrer les arrangements avec la vertu, les déséquilibres entre les sexes et l’efficacité sociale de la ruse. La grivoiserie n’est donc pas un simple ornement, elle devient un moyen d’examiner les conventions et les hypocrisies.
Le recueil repose sur une grande souplesse narrative. Les récits avancent rapidement, interrompus par des adresses au lecteur, des commentaires ironiques et des variations de ton. La Fontaine emprunte à des sources anciennes et médiévales, mais son écriture leur donne une mobilité très personnelle. L’alternance des mètres, la fluidité des enjambements et l’art de la pointe rendent la lecture vive, même lorsque l’intrigue demeure volontairement simple. Le conteur paraît badin, sans jamais perdre le contrôle de son dispositif.
Ces textes occupent une place singulière dans l’œuvre de La Fontaine. Ils éclairent le versant mondain, libertin et satirique d’un écrivain souvent réduit à la sagesse animalière des Fables. Leur publication suscita d’ailleurs des réserves dans un contexte où la question des mœurs et de la bienséance pesait fortement sur la réception littéraire. Ils restent précieux pour comprendre comment un auteur classique peut manier l’allusion, l’ambiguïté et le plaisir du récit sans se soumettre à une leçon édifiante.
La réputation du recueil tient autant à sa liberté de ton qu’à sa qualité formelle. Certains contes peuvent sembler datés par leurs situations ou leurs références, et leur sensualité passe souvent par des codes qu’il faut replacer dans leur époque. Leur intérêt ne dépend pourtant pas d’un effet de provocation : il réside dans la distance ironique, la rapidité des portraits et la manière dont le langage transforme des intrigues traditionnelles en scènes d’observation sociale. Une lecture annotée peut aider à en mesurer toutes les nuances.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient la poésie narrative et souhaitent découvrir le versant libertin, satirique et mondain de La Fontaine.
- Les amateurs de littérature classique intéressés par les réécritures de récits anciens et par les rapports entre plaisir du récit et critique sociale.
- Les lecteurs sensibles à l’ironie, aux jeux de langage et aux textes courts qui privilégient la vivacité plutôt que l’ampleur romanesque.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent des récits développés, une psychologie approfondie ou une morale clairement formulée risquent de rester à distance.
- Les lecteurs peu à l’aise avec la langue et les références du XVIIe siècle pourront trouver certaines allusions opaques sans appareil de notes.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La variété des mètres et des tons accompagne efficacement les changements de situation et de point de vue.
- L’ironie permet de critiquer les conventions sociales sans réduire les personnages à une morale simpliste.
- La concision des récits, soutenue par des vers très musicaux, donne à chaque scène une forte efficacité narrative.
Ce qui coince
- Les intrigues parfois rudimentaires laissent peu de place à l’approfondissement psychologique.
- Les références culturelles et les sous-entendus érotiques peuvent demander des notes pour être pleinement compris aujourd’hui.
Fiche technique
- Auteur
- Jean de La Fontaine
- Éditeur
- Gallimard
- Parution
- 1665
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 12,00 €
- ISBN
- 9782070374045
Par la rédaction de Livres et pensées.