
Conte de fées à l'usage des moyennes personnes
de Boris Vian
3,5/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 34 évaluations, relevé en septembre 2026
Un pastiche de conte vif et irrévérencieux, surtout recommandable aux lecteurs sensibles aux jeux de langage et à l’humour absurde.
En bref
Boris Vian détourne les codes du conte traditionnel pour composer un récit qui s’adresse moins aux enfants qu’aux adultes ayant conservé le goût de la fantaisie. Le merveilleux y sert de cadre à une satire légère des conventions, des rôles et des habitudes de lecture.
À propos du livre
Le titre annonce le principe du livre : prendre les formes rassurantes du conte et les adresser aux « moyennes personnes », c’est-à-dire à celles qui ont quitté l’enfance sans renoncer tout à fait à l’imagination. Vian s’amuse ainsi avec les attentes morales et narratives du genre. Derrière la plaisanterie, le texte interroge la normalité, le sérieux social et la manière dont les histoires prétendent distinguer le raisonnable de l’absurde.
La construction repose sur une progression de conte, mais le langage en déplace constamment les repères. Les formules attendues, les situations exemplaires et les personnages typés sont soumis à des décalages, à des associations inattendues et à une logique volontairement peu stable. Le style privilégie la vitesse, la fantaisie verbale et les ruptures de ton. Cette écriture donne au livre une énergie de récit oral tout en laissant affleurer une ironie nettement destinée aux adultes.
Ce texte occupe une place singulière dans l’œuvre de Vian : il ne relève ni du roman noir parodique ni de la veine existentielle de ses grands romans, mais prolonge son goût pour les machines absurdes, les conventions retournées et les mots pris au pied de la lettre. Sa brièveté et son dispositif très lisible en font une porte d’entrée accessible vers un imaginaire qui refuse les catégories trop rigides.
La réputation du livre tient surtout à cette rencontre entre une forme familière et une insolence très personnelle. Les lecteurs qui aiment les contes détournés y trouveront une réécriture plus satirique que féerique, tandis que les amateurs de Vian reconnaîtront son plaisir de la provocation et du jeu. L’ensemble reste toutefois plus proche de la fantaisie littéraire que d’une œuvre développant longuement ses thèmes ou ses personnages.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les contes parodiques et les récits courts fondés sur le détournement des conventions.
- Les amateurs de Boris Vian qui souhaitent retrouver son humour verbal dans une forme plus légère et plus directement fantaisiste.
- Les adultes intéressés par une lecture à double niveau, où le merveilleux sert à questionner les habitudes sociales et littéraires.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent un conte traditionnel, une morale claire ou un développement psychologique approfondi risquent de rester à distance.
- Les personnes peu sensibles à l’absurde et aux jeux de langage peuvent trouver l’ironie trop appuyée.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le texte détourne avec précision les codes du conte sans perdre la lisibilité de sa structure.
- Les jeux de langage et les décalages de ton donnent au récit une identité immédiatement reconnaissable.
- La forme courte concentre efficacement l’humour et la satire.
Ce qui coince
- La fantaisie verbale peut prendre le dessus sur la profondeur des personnages et des situations.
- L’ironie, très présente, réduit parfois la portée émotionnelle du récit.
Fiche technique
- Auteur
- Boris Vian
- Parution
- 1950
- Format
- Numérique
Par la rédaction de Livres et pensées.