
Comptine mortelle
de Anthony Horowitz
4/5selon la rédaction
4,3/5 sur Amazon, 60 évaluations, relevé en septembre 2026
Un whodunit insulaire bien construit, recommandé aux lecteurs qui apprécient les enquêtes classiques et les jeux avec la narration.
En bref
Daniel Hawthorne et Anthony Horowitz se rendent sur l’île d’Aurigny à l’occasion d’un festival littéraire. Lorsqu’un meurtre est commis, l’ancien policier entreprend d’interroger les participants, bientôt tous susceptibles d’avoir quelque chose à cacher.
À propos du livre
Le roman repose sur un dispositif classique de huis clos : une communauté temporaire, un territoire isolé et un groupe de suspects liés par des rivalités professionnelles ou personnelles. Le festival littéraire fournit un cadre cohérent à l’enquête, tout en permettant à l’auteur de mettre en scène les vanités du milieu éditorial. L’intérêt vient moins de la violence du crime que de la circulation des versions, des alibis et des interprétations contradictoires.
Comme dans les autres enquêtes de Hawthorne, Anthony Horowitz se met en scène comme narrateur et personnage. Cette présence crée une distance ironique avec les codes du roman policier, puisque l’enquête est racontée par un écrivain qui observe aussi les méthodes de son partenaire. La construction privilégie les interrogatoires, les indices rétrospectivement lisibles et les fausses pistes. Le rythme est régulier, avec une résolution qui valorise surtout la logique déductive.
Le livre s’inscrit dans la tradition du whodunit britannique, tout en jouant avec ses conventions. Hawthorne incarne le détective opaque et méthodique, tandis que le narrateur représente le lecteur qui tente de comprendre les déductions avant leur explication. Cette tension entre enquête et commentaire littéraire donne au récit sa singularité, même si les échanges métafictionnels peuvent parfois ralentir l’investigation.
Ce troisième volet de la série consacrée à Hawthorne et Horowitz peut se lire indépendamment, mais il gagne à être replacé dans la relation progressivement établie entre les deux personnages. Sa réputation tient à l’efficacité de son architecture policière et à son regard amusé sur les codes du genre. Le roman séduira davantage par sa mécanique et son atmosphère de mystère classique que par une exploration psychologique très approfondie.
Pour qui
À lire si
- Les amateurs de romans à énigme britanniques, fondés sur les témoignages, les alibis et la reconstitution logique des faits.
- Les lecteurs qui apprécient les récits métafictionnels où l’auteur intervient comme personnage et commente les règles du polar.
- Les lecteurs de séries policières qui aiment suivre une relation de travail faite de méfiance, d’observation et de déductions.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent un thriller très rapide, une forte tension physique ou une violence omniprésente.
- Les lecteurs peu sensibles aux intrigues fondées sur les interrogatoires et aux clins d’œil aux conventions du roman policier.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le huis clos insulaire rassemble efficacement les suspects et entretient l’incertitude autour de leurs mobiles.
- Le dispositif où Anthony Horowitz devient personnage ajoute une lecture réflexive aux mécanismes du whodunit.
- L’enquête s’appuie sur une construction rigoureuse, avec des indices et des témoignages qui prennent progressivement leur sens.
Ce qui coince
- Les nombreuses scènes d’interrogatoire peuvent donner une impression de répétition et ralentir le rythme.
- La distance ironique et le jeu métafictionnel limitent parfois l’épaisseur émotionnelle des personnages.
Fiche technique
- Auteur
- Anthony Horowitz
- Éditeur
- Le Livre de Poche
- Parution
- 2021
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 9,90 €
- ISBN
- 9782253259862
Par la rédaction de Livres et pensées.