
Comment devenir écrivain quand on vient de la grande plouquerie internationale
de Caryl Férey
3,5/5selon la rédaction
4/5 sur Amazon, 15 évaluations, relevé en septembre 2026
Un autoportrait littéraire drôle et sans prétention, surtout destiné aux lecteurs curieux de l’envers du métier d’écrivain.
En bref
Caryl Férey raconte son parcours vers l’écriture et examine, avec une ironie très personnelle, les conditions concrètes qui entourent la naissance d’un écrivain. Entre souvenirs, réflexions et conseils détournés, le livre compose un récit d’apprentissage éloigné des représentations idéalisées du métier.
À propos du livre
Le livre s’intéresse moins aux recettes pour écrire qu’aux obstacles, aux hasards et aux décalages qui accompagnent une vocation littéraire. La « grande plouquerie internationale » désigne avec autodérision une position de départ provinciale et peu conforme aux images convenues de l’écrivain. Férey y observe les ambitions, les doutes et les compromis liés à la publication, sans transformer son parcours en modèle à suivre. L’intérêt tient précisément à cette démystification, qui rend le métier plus concret sans le réduire à une simple mécanique de réussite.
Le ton est direct, familier et volontiers provocateur. L’humour sert à désamorcer la solennité du sujet, mais aussi à maintenir une distance critique envers les postures littéraires et les discours de légitimation. La forme relève à la fois du récit personnel et du manuel décalé : l’auteur avance par remarques, souvenirs et mises en garde plutôt que par démonstration méthodique. Cette construction donne au texte une lecture rapide et orale, avec une place importante accordée à la voix de l’auteur.
Dans l’œuvre de Caryl Férey, ce livre occupe une place à part. Il ne prolonge pas directement ses romans policiers et ne repose pas sur une intrigue criminelle, mais il éclaire la figure publique de l’écrivain et son rapport à la narration. Pour les lecteurs de ses polars, il offre un contrechamp plus léger et plus personnel. Pour les aspirants écrivains, il vaut surtout par son refus des recettes miracles et par la lucidité avec laquelle il rappelle que l’écriture ne dispense ni de travail ni de persévérance.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui veulent découvrir le parcours et la conception de l’écriture de Caryl Férey en dehors de ses romans noirs.
- Les aspirants écrivains qui préfèrent un retour d’expérience ironique aux méthodes normatives et aux promesses de réussite.
- Les amateurs de textes courts, personnels et volontiers irrévérencieux sur le monde littéraire.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent un véritable guide pratique, structuré étape par étape, pour apprendre à écrire ou à se faire publier.
- Les amateurs de Caryl Férey venus retrouver la tension, l’enquête et la noirceur de ses romans policiers.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le livre démystifie le statut d’écrivain en montrant les tâtonnements et les contraintes qui entourent une carrière littéraire.
- L’humour et l’autodérision donnent au récit une voix reconnaissable, sans effacer les enjeux sérieux du métier.
- Le texte constitue un complément utile aux romans de Férey en présentant un versant plus personnel de son activité d’auteur.
Ce qui coince
- La forme très libre et le ton constamment ironique peuvent frustrer les lecteurs qui attendent des conseils précis et directement applicables.
- Le propos reste fortement lié à la personnalité de Caryl Férey, ce qui en limite la portée générale pour les lecteurs peu sensibles à son humour.
Fiche technique
- Auteur
- Caryl Férey
- Éditeur
- Points
- Parution
- 2013
- Format
- Numérique
Par la rédaction de Livres et pensées.