
Combats de filles
de Rita Bullwinkel
4/5selon la rédaction
3,7/5 sur Amazon, 10 évaluations, relevé en septembre 2026
Un premier roman physique et polyphonique, qui transforme un tournoi de boxe en étude précise de l’adolescence et de la compétition.
En bref
À Reno, huit adolescentes se retrouvent pour un tournoi de boxe qui se déroule sur deux jours. Entre vestiaires, combats et moments d’attente, le récit suit leurs corps, leurs ambitions, leurs rivalités et les liens qui se nouent entre elles.
À propos du livre
Le sujet dépasse largement le cadre sportif. La boxe devient une manière d’observer l’adolescence au moment où le corps cesse d’être une évidence et devient à la fois instrument, contrainte et spectacle. Rita Bullwinkel s’intéresse à ce que la compétition révèle de la peur, de la volonté de plaire, de la honte et du désir de s’affirmer. Les jeunes boxeuses ne sont pas réduites à des archétypes de battantes ou de victimes : chacune compose avec une histoire, une sensibilité et une façon singulière d’habiter son corps.
La construction repose sur une circulation entre plusieurs consciences. Le roman ne privilégie pas une héroïne unique, mais fait varier les points de vue et les distances, comme si chaque combat redessinait provisoirement la hiérarchie du groupe. L’écriture est attentive aux sensations physiques, aux gestes techniques et aux pensées fugitives. Cette précision peut produire une lecture très immersive, mais elle demande aussi d’accepter une narration moins traditionnelle, fondée sur les inflexions psychologiques plutôt que sur une intrigue fortement dramatique.
Pour un premier roman, Combats de filles possède une voix déjà nettement constituée. Rita Bullwinkel s’inscrit dans une littérature américaine du corps et de la performance, tout en déplaçant le regard habituellement porté sur les récits sportifs : l’enjeu n’est pas seulement de gagner, mais de devenir visible sans se laisser entièrement définir par le regard des autres. La réputation du livre tient à cette combinaison entre intensité sensorielle, pluralité des voix et attention aux ambiguïtés de l’adolescence.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les romans polyphoniques centrés sur les corps, les sensations et les transformations de l’adolescence.
- Les amateurs de récits sportifs qui cherchent moins le suspense du résultat qu’une analyse des rapports de force et de la construction de soi.
- Les lecteurs attirés par une écriture contemporaine précise, fragmentée et attentive aux mouvements intérieurs.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une intrigue classique, un personnage principal durablement installé et une progression dramatique nettement balisée.
- Ceux qui recherchent un roman de boxe principalement fondé sur l’action et la description des combats, plutôt que sur leurs effets psychologiques.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La pluralité des points de vue donne une représentation nuancée de l’adolescence et évite de réduire les participantes à une seule trajectoire.
- Les descriptions du corps, de l’effort et de la peur rendent les combats concrets sans les transformer en spectacle gratuit.
- La composition fragmentée fait varier la perception des mêmes rapports de force et enrichit la lecture du tournoi.
Ce qui coince
- La succession des voix peut maintenir une certaine distance émotionnelle avec les personnages, surtout pour les lecteurs attachés à une protagoniste centrale.
- L’écriture privilégie les impressions et les tensions diffuses, au risque de laisser l’intrigue paraître moins construite ou moins décisive.
Fiche technique
- Auteur
- Rita Bullwinkel
- Éditeur
- Parution
- 2024
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 8,50 €
- ISBN
- 9782266360029
Par la rédaction de Livres et pensées.