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Livres et pensées
Couverture de Chêne et chien, suivi de Petite cosmogonie portative et de Le chant du styrène

Chêne et chien, suivi de Petite cosmogonie portative et de Le chant du styrène

de Raymond Queneau

4,5/5selon la rédaction

4,8/5 sur Amazon, 24 évaluations, relevé en septembre 2026

Un ensemble poétique où l’invention verbale transforme l’intime, la science et l’industrie en objets littéraires singuliers.

En bref

Chêne et chien est un récit autobiographique en vers, placé sous le signe de la psychanalyse et du travail sur le langage. Petite cosmogonie portative propose une vision poétique de la matière et du monde, tandis que Le chant du styrène explore l’industrie moderne et les transformations chimiques.

À propos du livre

Dans Chêne et chien, Raymond Queneau convertit des éléments personnels en une matière poétique à la fois concrète, ironique et savamment construite. Le livre ne cherche pas la confession directe : l’expérience intime passe par les contraintes du vers, les déformations comiques et une distance critique qui empêchent toute lecture simplement sentimentale. Le rapport entre l’enfance, la mémoire et la psychanalyse y devient un terrain d’expérimentation littéraire.

Petite cosmogonie portative élargit considérablement l’échelle du regard. Queneau y fait entrer la physique, la biologie, la géologie et l’histoire de la matière dans une poésie qui refuse de séparer le savoir du jeu verbal. Le texte reste exigeant, car les allusions scientifiques et les changements de perspective supposent une attention soutenue, mais son ambition est lisible : donner une forme poétique au monde sans renoncer ni à la précision ni à l’humour.

Le chant du styrène pousse cette démarche vers l’univers industriel. La fabrication d’un matériau devient le support d’une composition qui mêle vocabulaire technique, observation des objets et rythme poétique. La réunion de ces trois œuvres permet de suivre plusieurs usages du vers chez Queneau, du récit de soi à la cosmogonie puis à la description de la production moderne. L’ensemble illustre sa manière de faire du langage un instrument de connaissance autant qu’un espace de liberté.

La réputation de ce recueil tient à cette alliance peu commune entre érudition, contraintes formelles et comique. Queneau y montre que la poésie peut accueillir des domaines réputés prosaïques, tout en conservant une forte musicalité et une grande inventivité lexicale. Cette lecture convient mieux à qui accepte de ralentir, de relire et parfois de vérifier une référence qu’à qui attend une poésie immédiatement transparente. Elle constitue néanmoins une porte d’entrée solide vers l’œuvre poétique de l’auteur.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs intéressés par une poésie narrative, ironique et autobiographique, où la forme transforme l’expérience personnelle.
  • Les amateurs de littérature à contraintes et de textes qui font dialoguer poésie, sciences et vocabulaire technique.
  • Les lecteurs de Queneau qui souhaitent voir réunies plusieurs facettes de son travail poétique.

À éviter si

  • Les lecteurs qui recherchent une poésie lyrique immédiatement accessible et peu chargée en références savantes.
  • Les lecteurs réticents aux jeux de mots, aux changements de registre et aux descriptions techniques.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Les contraintes versifiées donnent au récit autobiographique une forme distanciée et reconnaissable.
  • Les textes intègrent des savoirs scientifiques et industriels sans abandonner le rythme ni l’humour.
  • La réunion des trois œuvres met en évidence l’ampleur des recherches formelles de Queneau.

Ce qui coince

  • La densité des références et du vocabulaire spécialisé peut ralentir une première lecture.
  • L’ironie et les jeux verbaux créent parfois une distance qui limite l’émotion immédiate.

Fiche technique

Auteur
Raymond Queneau
Éditeur
Gallimard
Parution
1937
Format
Poche
Prix éditeur
10,40 €
ISBN
9782070302314

Par la rédaction de Livres et pensées.