
Chainsaw Man, tome 20
de Tatsuki Fujimoto
4,5/5selon la rédaction
4,9/5 sur Amazon, 55 évaluations, relevé en septembre 2026
Un volume sombre et inventif, où l’action sert une réflexion de plus en plus âpre sur l’identité et le contrôle.
En bref
Après les bouleversements qui ont frappé Denji et son entourage, la situation du jeune homme devient encore plus précaire. Tandis que les forces en présence cherchent à orienter son destin, les affrontements prennent une ampleur nouvelle et mettent à l’épreuve les alliances déjà fragiles. Tatsuki Fujimoto mêle horreur, humour absurde et action brutale dans un récit qui avance par ruptures, surprises et images parfois dérangeantes.
À propos du livre
Ce vingtième volume poursuit le déplacement de la série vers un conflit moins lisible, où la menace ne vient pas seulement des démons. Denji reste pris entre son désir très concret d’une vie ordinaire et des institutions qui le transforment en symbole, en arme ou en cible. Cette tension donne aux affrontements une portée particulière : derrière la violence spectaculaire se joue toujours la possibilité pour les personnages de conserver une volonté propre.
La construction repose sur des changements de rythme très marqués. Fujimoto peut étirer une scène par un silence, une expression ou un détail incongru, puis la faire basculer en quelques cases dans une violence sèche. Le dessin privilégie les silhouettes, les cadrages instables et les mouvements difficiles à anticiper. Cette mise en scène produit une lecture nerveuse, mais elle laisse aussi volontairement certaines situations dans l’ellipse, ce qui demande au lecteur de reconstituer les rapports de force.
Ce tome illustre la singularité de la deuxième partie de Chainsaw Man. La série conserve son goût du grotesque, de la provocation et des combats démesurés, tout en accordant davantage de place à l’aliénation, à la manipulation et aux conséquences psychologiques de la célébrité. Le mélange peut dérouter les lecteurs venus chercher uniquement l’efficacité du premier arc, mais il confirme une ambition plus instable et plus expérimentale.
La réputation de la série tient notamment à cette capacité à faire cohabiter une imagination horrifique très graphique avec des préoccupations triviales, parfois franchement comiques. Le tome 20 en fournit une version particulièrement tendue : ses scènes d’action ont une vraie force visuelle, tandis que ses détours absurdes empêchent le récit de devenir un simple affrontement manichéen. En contrepartie, son caractère de transition et ses révélations différées peuvent donner une impression de frustration.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les mangas d’action capables de mêler horreur, humour noir et réflexion sur le pouvoir.
- Les amateurs de récits très visuels, aux ellipses assumées et aux changements de ton imprévisibles.
- Les lecteurs déjà engagés dans la deuxième partie de Chainsaw Man, qui souhaitent suivre l’évolution de ses enjeux et de ses personnages.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent un récit linéaire, des motivations toujours explicites et une progression régulière de l’action.
- Les lecteurs peu sensibles à la violence graphique ou à l’humour volontairement dérangeant de Tatsuki Fujimoto.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Les ruptures de rythme et de ton donnent aux scènes d’action une tension imprévisible.
- La mise en page exploite efficacement les silences, les cadrages instables et la brutalité des mouvements.
- Les affrontements prolongent des enjeux d’identité et de contrôle, au lieu de se réduire à une démonstration de puissance.
Ce qui coince
- Le volume s’appuie fortement sur les événements précédents et peut sembler difficile d’accès sans lecture continue de la deuxième partie.
- Les ellipses et les informations différées entretiennent une frustration réelle, surtout dans un tome qui prépare encore plusieurs développements.
Fiche technique
- Auteur
- Tatsuki Fujimoto
- Éditeur
- Crunchyroll
- Parution
- 2018
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 7,29 €
- ISBN
- 9782820351678
Par la rédaction de Livres et pensées.