
Cent sonnets
de Boris Vian
3,5/5selon la rédaction
4,3/5 sur Amazon, 25 évaluations, relevé en septembre 2026
Un exercice poétique de jeunesse, inventif et irrégulier, à réserver aux lecteurs intéressés par les contraintes formelles détournées.
En bref
Dans ce recueil composé de cent sonnets, Boris Vian explore les possibilités du vers classique tout en les soumettant à son goût du jeu, de l’absurde et de la dissonance. L’ensemble relève à la fois de l’exercice littéraire, de la parodie et de l’expérimentation poétique.
À propos du livre
Cent sonnets appartient aux textes de jeunesse de Boris Vian et montre un écrivain encore en train de constituer sa voix. La forme impose ici un cadre précis, avec ses quatorze vers et ses exigences de rythme et de rime, mais Vian s’en sert moins pour célébrer la tradition que pour en éprouver la souplesse. Le recueil fait ainsi de la contrainte un terrain de détournement, où la logique poétique peut glisser vers l’ironie et l’absurde.
La lecture repose d’abord sur le langage : associations inattendues, jeux sonores, images décalées et variations de ton. Cette abondance d’inventions ne produit pas partout le même effet, car l’exercice peut paraître inégal et certaines trouvailles rester plus virtuoses que véritablement nécessaires. Le plaisir vient surtout de la tension entre une architecture très codifiée et une imagination qui cherche constamment à la déborder.
Dans l’œuvre de Vian, le recueil éclaire les débuts d’une écriture qui s’exprimera ensuite dans la poésie, le roman, la chanson et le théâtre. Il ne possède pas la portée narrative de L’Écume des jours ni la puissance de certaines chansons, mais il permet de suivre la formation de motifs importants : le goût du non-sens, la liberté à l’égard des genres et la méfiance envers les discours trop sérieux.
La réputation de Cent sonnets tient moins à une place centrale dans la poésie française qu’à ce qu’il révèle de Vian avant ses œuvres les plus connues. Le livre intéressera surtout les lecteurs qui veulent observer un auteur célèbre dans un laboratoire formel, plutôt que ceux qui cherchent un recueil immédiatement accessible ou une expression poétique unifiée. Sa valeur est documentaire autant que littéraire, avec des réussites qui alternent avec des passages plus scolaires.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de Boris Vian qui souhaitent découvrir ses textes de jeunesse et les prémices de son imaginaire.
- Les amateurs de poésie formelle intéressés par le détournement ironique du sonnet et par les jeux de langage.
- Les lecteurs qui apprécient les recueils expérimentaux, à condition d’accepter une qualité inégale d’un texte à l’autre.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une poésie lyrique continue, immédiatement émouvante ou portée par une progression d’ensemble.
- Les lecteurs qui connaissent surtout Vian pour ses romans et recherchent ici la même force narrative ou la même fluidité.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le recueil exploite la contrainte du sonnet comme un instrument de jeu et de perturbation des attentes.
- Les jeux de mots, les sonorités et les images décalées manifestent déjà une imagination poétique très personnelle.
- L’ensemble documente utilement la formation littéraire de Boris Vian et les origines de son rapport irrévérencieux aux genres.
Ce qui coince
- La qualité et la force des sonnets sont inégales, ce qui donne parfois au recueil l’allure d’un atelier plutôt que d’un livre pleinement composé.
- La virtuosité verbale peut prendre le pas sur l’émotion ou sur la lisibilité, surtout pour les lecteurs peu familiers de la poésie expérimentale.
Fiche technique
- Auteur
- Boris Vian
- Éditeur
- Le Livre de Poche
- Parution
- 1984
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 7,90 €
- ISBN
- 9782253141945
Par la rédaction de Livres et pensées.