
Carnets, tome 1
de Albert Camus
4,5/5selon la rédaction
4,8/5 sur Amazon, 83 évaluations, relevé en septembre 2026
Un laboratoire d’écriture précieux, mais fragmentaire, surtout destiné aux lecteurs qui veulent suivre la formation de la pensée camusienne.
En bref
Ce premier volume rassemble les notes d’Albert Camus de mai 1935 à février 1942 : réflexions, esquisses, lectures, observations et projets littéraires. L’ensemble éclaire la naissance de thèmes et de formes qui s’exprimeront dans ses œuvres publiées, sans constituer un récit continu ni un journal intime classique.
À propos du livre
Ces carnets montrent une pensée en train de se former, attentive à la pauvreté, à la beauté du monde, à la création artistique, à la politique et aux choix moraux. Camus y consigne aussi des intuitions narratives, des formulations brèves et des idées qu’il reprendra ou transformera ailleurs. L’intérêt du volume tient moins à des révélations biographiques qu’à la coexistence de plusieurs préoccupations, déjà liées par une exigence de lucidité et par le refus des réponses trop simples.
La construction est nécessairement discontinue. Les entrées, souvent très courtes, passent d’une remarque concrète à une réflexion générale, d’un projet d’écriture à une note de lecture. Cette forme permet de saisir les hésitations, les reprises et les déplacements d’une pensée, mais elle demande au lecteur d’accepter les blancs et l’absence de commentaire explicatif. Le style, sobre et dense, fait parfois alterner notation personnelle, maxime, esquisse de scène et réflexion esthétique.
Le volume occupe une place importante pour comprendre la genèse de l’œuvre de Camus avant et autour de ses premières publications majeures. Il ne remplace pas la lecture des romans, des essais ou du théâtre, mais les met en perspective en révélant leurs préoccupations communes et certains de leurs points de départ. Sa réputation repose surtout sur cette valeur de laboratoire : les carnets donnent accès au travail préparatoire, sans transformer des fragments privés en œuvre achevée.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de Camus qui souhaitent mieux comprendre la formation de ses thèmes, de ses projets et de sa méthode d’écriture.
- Les amateurs de journaux d’écrivains et de textes fragmentaires, capables d’apprécier une pensée dans son état d’élaboration.
- Les étudiants et chercheurs qui cherchent un éclairage complémentaire sur les premières années de l’œuvre camusienne.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent un récit autobiographique continu ou des confidences développées risquent de trouver l’ensemble trop elliptique.
- Ceux qui préfèrent des textes achevés et structurés peuvent être gênés par le caractère dispersé des notes.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Les fragments donnent à voir la genèse de thèmes et de projets qui traverseront l’œuvre de Camus.
- La variété des notations fait apparaître les liens entre expérience personnelle, réflexion morale, création littéraire et observation du monde.
- La brièveté de nombreuses entrées restitue avec précision les mouvements d’une pensée encore en recherche.
Ce qui coince
- La discontinuité et l’absence de transitions rendent la lecture irrégulière, surtout lorsqu’on cherche une progression argumentative.
- Certaines notes restent très allusives et prennent davantage de sens pour un lecteur qui connaît déjà l’œuvre de Camus.
Fiche technique
- Auteur
- Albert Camus
- Éditeur
- Gallimard
- Parution
- 1962
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 8,60 €
- ISBN
- 9782070454044
Par la rédaction de Livres et pensées.