
Blacksad, tome 7, Alors, tout tombe. Seconde partie
de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido
4,5/5selon la rédaction
4,8/5 sur Amazon, 286 évaluations, relevé en septembre 2026
Une conclusion solide et visuellement remarquable, qui récompense les lecteurs attachés à Blacksad mais exige la lecture de la première partie.
En bref
Dans le New York des années 1950, John Blacksad poursuit l’enquête commencée dans le tome précédent. Ce second volume approfondit les luttes de pouvoir, les rivalités syndicales et les zones d’ombre qui entourent l’affaire. L’album mêle enquête policière, chronique sociale et atmosphère de film noir, avec un récit plus directement tourné vers le dénouement du diptyque.
À propos du livre
Ce septième tome s’inscrit dans une veine plus politique que certaines enquêtes précédentes de Blacksad. Derrière le meurtre et les intérêts privés se dessine une ville structurée par les rapports de force, la corruption et les conflits sociaux. L’anthropomorphisme ne sert pas seulement à caractériser les personnages : il prolonge la lecture sociale du récit, en associant apparences animales, tempéraments et positions dans la société. L’album reste lisible comme un polar, mais son enjeu tient aussi à la manière dont le pouvoir circule entre les différents groupes.
La construction est celle d’une seconde partie : elle reprend des fils narratifs déjà noués et avance vers leur résolution, plutôt que de proposer une enquête autonome. Cette continuité donne au récit une certaine densité, mais rend la lecture du tome précédent nécessaire pour comprendre pleinement les personnages et les rapports de force. Juan Díaz Canales privilégie les dialogues efficaces, les confrontations et les révélations progressives. Les scènes d’action existent, mais elles restent intégrées à une mécanique d’enquête et à une atmosphère de roman noir.
Le dessin de Juanjo Guarnido demeure l’un des principaux intérêts de la série. Les décors new-yorkais, les silhouettes animales et les jeux de lumière composent des planches très travaillées, où la mise en scène renseigne autant sur l’ambiance que les dialogues. La couleur donne au récit une tonalité de cinéma noir sans l’enfermer dans l’imitation. Chaque personnage possède une présence graphique immédiate, et les expressions animales permettent de nuancer les attitudes sans réduire les protagonistes à un simple bestiaire.
Cet album confirme la place particulière de Blacksad dans la bande dessinée policière francophone : une série accessible par ses codes de polar, mais portée par une ambition graphique et sociale plus large. Sa réputation repose notamment sur l’association entre le scénario de Canales et la virtuosité visuelle de Guarnido. La formule peut toutefois paraître familière aux lecteurs qui attendent une rupture avec les précédents volumes. En tant que conclusion de diptyque, le livre satisfait surtout ceux qui apprécient les intrigues amples et la continuité d’une série installée.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de bande dessinée policière qui aiment les enquêtes situées dans un univers social et historique fortement marqué.
- Les amateurs de dessin réaliste, de compositions cinématographiques et de récits en couleurs très travaillés.
- Les lecteurs qui ont apprécié la première partie du diptyque et souhaitent en découvrir la résolution.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent une histoire complète et indépendante, car ce volume dépend directement du tome précédent.
- Ceux qui n’adhèrent ni aux codes du film noir ni à l’anthropomorphisme, même lorsque le récit vise une portée sociale.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le dessin de Juanjo Guarnido donne une identité visuelle forte aux personnages, aux décors et aux scènes nocturnes.
- Le scénario articule l’enquête policière avec des conflits sociaux et des rapports de pouvoir lisibles.
- La mise en scène entretient une atmosphère de polar sans sacrifier la clarté de l’action.
Ce qui coince
- La dépendance envers la première partie réduit l’autonomie de l’album et impose une lecture dans l’ordre.
- La série reprend des codes désormais bien établis, ce qui peut donner une impression de familiarité aux lecteurs de longue date.
Fiche technique
- Auteur
- Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido
- Éditeur
- Dargaud
- Parution
- 2023
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 18,00 €
- ISBN
- 9782205085334
Par la rédaction de Livres et pensées.