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Livres et pensées
Couverture de Beyrouth-sur-Seine

Beyrouth-sur-Seine

de Sabyl Ghoussoub

4,5/5selon la rédaction

3,9/5 sur Amazon, 532 évaluations, relevé en septembre 2026

Un récit d’exil et de transmission, drôle par endroits, précis dans ses silences, qui interroge la mémoire familiale sans la simplifier.

En bref

À Paris, un fils tente de comprendre l’histoire de ses parents libanais, arrivés en France après le début de la guerre civile. Entre conversations, souvenirs rapportés et retours vers Beyrouth, le récit explore ce que l’exil transforme dans une famille et dans le regard porté sur le pays quitté.

À propos du livre

Le livre part d’une situation intime pour aborder des questions plus vastes : que reste-t-il d’un pays lorsqu’on en est éloigné, comment transmettre une histoire marquée par la guerre, et que peut réellement savoir un enfant de l’expérience de ses parents ? Sabyl Ghoussoub ne transforme pas ces interrogations en démonstration historique. Il les fait passer par les relations familiales, les malentendus, les habitudes et les récits parfois contradictoires qui composent une mémoire vécue à distance.

La construction avance par fragments, selon une logique de conversation et d’enquête personnelle plutôt que par un déroulement strictement chronologique. Le ton alterne l’ironie, la tendresse et une forme de retenue face aux blessures évoquées. Cette liberté donne au texte une voix identifiable, mais elle peut aussi produire une impression de dispersion pour les lecteurs qui attendent un récit plus linéaire de la guerre du Liban ou de l’exil.

L’intérêt du roman tient à son refus de choisir entre l’intime et le politique. La famille n’est pas seulement le lieu d’une transmission douloureuse, elle devient aussi un espace de négociation entre plusieurs appartenances, plusieurs langues et plusieurs représentations de Beyrouth. Récompensé par le Prix Goncourt des lycéens en 2022, le livre a trouvé un public sensible à cette manière accessible mais non simplificatrice d’aborder l’héritage familial et la mémoire de l’exil.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs intéressés par les récits d’exil, de filiation et de transmission, lorsque l’histoire collective est abordée à hauteur de famille.
  • Les lecteurs qui apprécient les récits fragmentaires, mêlant humour, souvenirs et réflexion sur l’identité.
  • Les lycéens et adultes qui cherchent une entrée littéraire personnelle dans l’histoire récente du Liban.

À éviter si

  • Les lecteurs qui attendent un roman historique documenté et chronologique sur la guerre civile libanaise risquent de trouver le contexte trop indirect.
  • Les lecteurs peu sensibles aux récits de mémoire familiale peuvent être gênés par la construction éclatée et les retours fréquents entre présent et passé.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • La voix narrative associe l’ironie à une attention réelle aux silences et aux non-dits familiaux.
  • La forme fragmentaire rend sensible la manière dont une histoire d’exil se reconstitue par bribes plutôt que comme un récit continu.
  • Le livre relie efficacement l’intime à des enjeux historiques et politiques sans réduire les personnages à leur origine.

Ce qui coince

  • La progression non linéaire peut donner une impression de dispersion, surtout lorsque les épisodes familiaux se succèdent sans repères chronologiques forts.
  • L’humour et la distance narrative atténuent parfois la portée émotionnelle de situations pourtant lourdes.

Fiche technique

Auteur
Sabyl Ghoussoub
Parution
2022
Format
Poche

Par la rédaction de Livres et pensées.