
Berserk, tome 38
de Kentaro Miura
4/5selon la rédaction
4,9/5 sur Amazon, 479 évaluations, relevé en septembre 2026
Un tome de transition solide, où l’aventure collective gagne en importance sans renoncer à la noirceur de Berserk.
En bref
Après les épreuves du voyage en mer, Guts et ses compagnons atteignent enfin l’île d’Elfhelm, où ils espèrent trouver un remède à l’état de Casca. L’accueil réservé au groupe et les mystères de cette terre peuplée d’êtres surnaturels orientent le récit vers un registre plus féerique, sans effacer ses tensions tragiques.
À propos du livre
Ce volume déplace le centre de gravité de Berserk. La survie immédiate et les affrontements laissent davantage de place à une quête de guérison, de refuge et de transmission. La situation de Casca reste le principal enjeu humain, mais le récit s’intéresse aussi aux liens qui se sont formés autour de Guts. Le groupe ne fonctionne plus comme une simple escorte : chacun apporte une compétence, une croyance ou une fragilité qui modifie la manière d’affronter le monde.
Kentaro Miura joue sur le contraste entre l’horreur qui constitue l’arrière-plan de la série et l’imaginaire merveilleux de l’île. Les décors gagnent en légèreté, tandis que les silhouettes, les créatures et les paysages témoignent d’un travail graphique particulièrement minutieux. Cette beauté n’annule pas la menace : elle la rend plus ambiguë, car le merveilleux de Berserk reste toujours traversé par la violence et l’instabilité du monde astral.
La construction privilégie l’exploration, les rencontres et les scènes de groupe plutôt qu’une succession continue de combats. Ce choix donne au tome un rythme plus posé, avec des passages explicatifs et des moments de respiration qui développent l’univers. Il peut sembler moins spectaculaire que certains volumes précédents, mais il permet à Miura d’épaissir ses personnages secondaires et de préparer la suite sans réduire l’histoire à la progression de Guts.
Dans l’ensemble de Berserk, ce tome appartient à la période où la série élargit son registre sans perdre son identité sombre. L’influence de la fantasy féerique y devient plus visible, mais l’écriture conserve son goût pour les conflits entre désir de paix, forces surnaturelles et traumatisme. Sa réputation tient autant à la précision du dessin qu’à cette capacité à faire coexister une aventure de groupe, une mythologie dense et une inquiétude persistante.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient la fantasy sombre et les univers surnaturels construits avec une grande attention graphique.
- Les lecteurs de Berserk qui souhaitent voir évoluer la dynamique du groupe autour de Guts et de Casca.
- Les amateurs de mangas prêts à accepter un rythme plus contemplatif entre deux phases d’affrontement.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent un volume dominé par l’action et les combats peuvent trouver ce tome trop orienté vers l’exploration.
- Les personnes qui découvrent Berserk ne disposeront pas ici des repères nécessaires pour comprendre les enjeux et les personnages.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le contraste visuel et narratif entre la noirceur habituelle de Berserk et l’univers féerique d’Elfhelm est particulièrement maîtrisé.
- Les personnages secondaires participent réellement à la progression du récit, au lieu de rester de simples accompagnateurs de Guts.
- Le dessin donne une grande richesse aux créatures, aux paysages et aux manifestations du monde astral.
Ce qui coince
- Le rythme plus posé et les nombreuses scènes de transition peuvent donner une impression de ralentissement dans l’arc général.
- Le volume repose fortement sur les événements précédents et offre moins d’autonomie qu’un tome centré sur un affrontement complet.
Fiche technique
- Auteur
- Kentaro Miura
- Éditeur
- Glénat
- Parution
- 2016
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 7,20 €
- ISBN
- 9782344009420
Par la rédaction de Livres et pensées.