
Berserk, tome 36
de Kentaro Miura
4/5selon la rédaction
4,9/5 sur Amazon, 428 évaluations, relevé en septembre 2026
Un volume de transition solide, qui approfondit le voyage maritime et prépare une nouvelle épreuve sans égaler les sommets de la série.
En bref
Guts et ses compagnons poursuivent leur route vers Elfhelm, l’île où ils espèrent trouver un refuge pour Casca. Leur traversée est bientôt perturbée par des phénomènes inquiétants et par la menace de créatures marines. Le volume alterne aventure, horreur et progression vers un nouvel arc narratif.
À propos du livre
Ce tome prolonge la quête de Guts dans une période où le groupe a quitté les champs de bataille pour un espace plus incertain, celui de la mer. Ce déplacement ne constitue pas un simple intermède : il met à l’épreuve la cohésion du groupe et rappelle que le monde de Berserk reste soumis à des forces qui dépassent les personnages. La recherche d’Elfhelm conserve ainsi une dimension concrète, tout en se chargeant progressivement d’une inquiétude surnaturelle.
La construction repose sur une montée en tension progressive. Les échanges entre les compagnons apportent des respirations et donnent davantage de place aux personnages secondaires, tandis que l’apparition de menaces marines fait basculer le récit vers une horreur plus physique. Miura sait faire varier les échelles, du détail inquiétant à la confrontation spectaculaire. Le rythme peut toutefois sembler moins tranchant que dans les volumes centrés sur les grands affrontements terrestres.
Ce volume appartient à la phase tardive de Berserk, lorsque la série élargit son monde au-delà de la vengeance personnelle de Guts. La violence demeure présente, mais elle s’inscrit dans une aventure de groupe où la protection de Casca et la recherche d’un lieu sûr deviennent des enjeux structurants. Cette évolution enrichit la série, même si elle éloigne momentanément le récit de la densité tragique et politique de ses arcs les plus marquants.
L’intérêt du tome tient surtout à son atmosphère et à sa fonction de préparation. Les décors maritimes offrent à Miura un terrain visuel différent, propice aux silhouettes monstrueuses et aux scènes de claustrophobie. Le volume ne forme pas une conclusion autonome et appelle directement la suite, mais il installe efficacement une menace nouvelle. Il conviendra donc davantage aux lecteurs déjà engagés dans la série qu’à ceux qui chercheraient un épisode indépendant.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de Berserk qui apprécient l’évolution du groupe et les volumes de transition entre deux grands arcs.
- Les amateurs de dark fantasy attirés par les créatures marines, l’horreur corporelle et les atmosphères de menace diffuse.
- Les lecteurs sensibles au dessin détaillé de Kentaro Miura et à ses compositions de combat ou de monstres.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent un affrontement décisif ou une progression majeure de la vengeance de Guts risquent de trouver le tome trop préparatoire.
- Les personnes qui souhaitent commencer Berserk avec un volume autonome ne disposeront ici ni du contexte ni d’une intrigue complète.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La traversée maritime renouvelle les décors et installe une atmosphère d’angoisse différente de celle des précédents arcs.
- Les interactions entre les compagnons donnent une place réelle aux personnages secondaires et font évoluer la dynamique du groupe.
- Le dessin déploie une grande précision dans les créatures, les environnements et les scènes de confrontation.
Ce qui coince
- Le volume fonctionne surtout comme une étape vers la suite, ce qui limite son autonomie narrative.
- La multiplication des menaces et des interruptions peut donner une impression de progression irrégulière.
Fiche technique
- Auteur
- Kentaro Miura
- Éditeur
- Glénat
- Parution
- 1989
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 7,20 €
- ISBN
- 9782723491129
Par la rédaction de Livres et pensées.